Chapitre 8 - 2 Découverte

 - Je sais pas, ta façon de faire, tu es droite, honnête, tu aurais pu céder à la facilité des devoirs vite faits, mais tu n’as pas voulu. Je ne suis pas comme toi. J’utilise beaucoup la magie, je ne force pas trop pour avoir les choses, un geste de l’index et hop...
  - Ce n’est pas important pour moi ! Pas pour l’instant en tout cas ! Et puis c’est normal, toi la magie tu es tombé dedans si je puis dire. Quand tu m’auras appris, moi aussi je serais peut-être comme toi. Il doit être agréable de pouvoir se fatiguer un peu moins non ?
  Il me sourit.
  - Tu es libre cet après-midi ?
  - Oui, dis-moi où, dis-moi quand, j’y serai ! Enfin, si c’est pas trop loin, je n’ai pas de voiture en fait, ajoutais-je penaude.
  - Je passe te prendre chez toi ? Vers 16 h, OK ?
  - Seize heures, chez moi, pas de problème !
  Il retint ma main encore quelques instants puis s’en alla. Je le regardai s’éloigner, ne pouvant détacher mon regard de son dos.
  Lyne, Jessica et M.J. qui venaient d’arriver se précipitèrent en courant vers moi.
  - Alors, alors, raconte ! Dirent-ils d’une même voix
Je leur expliquai. Je n’en croyais pas mes oreilles, je venais de leur annoncer que j’avais rendez-vous avec un mec hyper-mignon !!!! Moi Melly !!!
  Jessica sautillait sur place.
  - C’est génial ! Il est super beau en plus ! Et puis sa voix.... hummmm...un délice !
  - Vous allez où ? Demanda Lyne inquiète.
  - Je ne sais pas, il ne m’a rien dit.
  - Tu prends ton portable, et tu fais gaffes, tu ne le connais quand même pas tant que ça ! Monter dans la voiture d’un mec dont tu ne sais presque rien, tu crois que c’est une bonne idée Melly ? Ajouta-t-elle.
  - Je ne sais pas, et puis c’est toi tout à l’heure, tu me disais...
  - He ! Je ne t’ai jamais dit de ne pas te méfier ! Tu sais bien ce qu’attendent les garçons ! 90 % ne pense qu’à une chose !
  M.J. acquiescèrent de la tête.
  - Elle a raison Melly, méfie-toi ! Ce n’est peut-être pas très prudent.
  - Ho vous dramatisez tout, c’est génial Melly, je suis super contente pour toi. Et puis dans le pire des cas, tu lui mets un coup de bombe lacrymo, ajouta Jessica en éclatant de rire.
  Je ris aussi de bon cœur, entraînant les autres dans ma bonne humeur retrouvée. Le reste de la journée fila rapidement : le cours d’anglais passa comme une lettre à la poste, celui de photographie me plongea dans une rêverie où je m’imaginais en train de faire de la photo artistique avec Jakob. Lorsque la prof m'interpella pour me faire revenir à la réalité, je rougis comme une tomate. J’avais l’impression qu’elle avait pu lire dans mes pensées. Ce qui ne pouvait bien sûr pas être le cas. Pourtant, son petit sourire en coin me laissait imaginer le contraire. En même temps, Isabelle Gorizioni était une très jolie blonde aux yeux bleus, et son air coquin laissait supposer que du haut de ses quarante ans, elle avait probablement elle aussi fait autre chose comme photo que des natures mortes !
Pendant le repas, la conversation ne tournait qu’autour de Jakob. Jessica qui le connaissait le mieux, le décrivit comme quelqu’un de posé, réfléchi, et un peu mystérieux. Lyne et moi nous regardâmes d’un air entendu. Pas étonnant qu’il le fût avec le secret qu’il portait ! Les heures de botanique et de maths qui suivirent passèrent sur moi sans que je ne m’en aperçoive, j’avais trop la tête ailleurs. Je comprenais pourquoi certains parents insistaient pour que l’on n’ait pas de copain trop tôt, mais que l’on se concentre sur les cours. Les deux étaient difficiles à gérer simultanément. J’avais fait un petit calcul, et je devais au bas mot penser à Jakob au moins toutes les trois minutes !
Je rentrais ensuite à la maison avec Lyne. Nous nous précipitâmes dans ma chambre, j’avais en gros une heure et demie pour me préparer. Ça devrait suffire. Je fouillai dans ma garde-robe, comment allais-je m’habiller ? Je n’en avais aucune idée ! Je ne pouvais pas mettre un truc trop sexy, ni trop austère et en même temps vu la météo changeante ces jours-ci, ça ne facilitait pas la tâche.
  - Tiens, que penses-tu de cette jupe ? Demandais-je à Lyne.
  Elle fit la grimace.
  - Il ne fait pas très chaud aujourd’hui, avec un collant un peu épais peut-être, mais...
  - Oui, je vois ce que tu veux dire.
  Je lui présentais un jean. Elle hocha la tête en signe d’assentiment.
  - C’est parfait le jean, il permet de garder le contrôle plus facilement sur les mecs aux mains baladeuses, me dit-elle d’un air expérimenté.
  C’était sûr que Lyne les connaissait bien. Sa plastique parfaite, et sa position de capitaine des pom-pom girls faisait qu’elle avait beaucoup plus d’expérience que moi.
  Je lui faisais confiance. J’optai donc pour le jean.
Pour le haut, nous étions d’accord, j’avais un chemisier blanc parfait. Au pied, mes converses bleues iraient parfaitement.
  - Maquillage ? Demandais-je
  - Oui, mais pas trop, sinon tu ne seras plus toi ! Un coup de mascara, une légère ombre à paupière dans les tons de gris clair pour faire ressortir tes yeux verts, et basta ! M’assura Lyne.
  - Un peu de gloss ?
  - Oui, tu as de jolies lèvres, il les mettra en valeur.
L’heure approchait. Mon cœur cognait comme s’il jouait du hard rock dans ma poitrine.
  Je raccompagnai Lyne sur le perron. Monsieur Springle nous observait derrière sa fenêtre, son chat toujours dans les bras. Je lui fis un petit bonjour de la main, auquel il ne répondit que timidement. Pas grave, je m’en moquai !
  - Tu m'appelles si y a un souci, me dit-elle inquiète.
  - Oui, maman ! plaisantais-je, mais je pense que tout ira bien.
  Enfin du moins je l'espérais. Je lui fis un dernier petit signe de la main, et la petite new bettle s’éloigna. J’étais nerveuse comme une jeune mariée. Pourtant, il n’y avait pas de quoi non ? Après tout, c’était juste un garçon, et... Je n’eus pas le temps d’aller au bout de ma pensée. Il arrivait. Il se gara devant l’allée et me fit signe de le rejoindre. Il déverrouilla la porte passager et je m’installai à ses côtés, tendue, mais heureuse.
  Il posa ses grands yeux marron sur moi et je me liquéfiai littéralement.
  - Alors ? Où allons-nous ? Demandai-je dans un sourire.

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