Chapitre 27 -1 Surprenant !

Chapitre 27

Surprenant !

Lemte



  Des caméras gardaient l’entrée extérieure. Filmant et refilmant n’importe quel employé ou visiteur « normal ». Je me demandais si elles arriveraient à détecter notre présence. Bien sûr, j’avais jeté le sort d’invisibilité sur notre couple. En théorie, nous étions donc les seules à pouvoir nous voir. Mais Spike (qui était un vrai geek) m’avait appris un jour où nous parlions du boulot de ma mère, que la surveillance vidéo des bâtiments administratifs se faisait désormais aussi, à l’aide de capteurs thermiques. Or si le sortilège nous dissimulait sans problème à la vue directe des gens, je n’avais aucune idée de son efficacité sur des capteurs électroniques de chaleur.

  - On peut essayer si tu veux, proposa Jakob en partant en direction de l’entrée.

  - T’es fou arrête. S’ils nous détectent, tu vas ameuter tous les gardes.

  - En même temps, on n’est pas venu ici pour rien ! répliqua-t-il.

  Mais j’avais beau lui crier par télépathie de revenir, pour qu’on mette un plan au point, il ne rebroussa pas chemin. Contrainte et forcée, je lui emboîtais donc le pas en ronchonnant.

  Nous montâmes les grandes marches. Les caméras nous toisaient désormais de leur oeil cyclopique. Nous étions en plein centre de leur champ de vision. Si un gardien les regardait et que le sort d’invisibilité ne fonctionnait pas, nous serions obligatoirement sur ses écrans de contrôle.

  Nous avançâmes un peu plus. Les grandes portes étaient ouvertes. Des cabines remplies de gardes en barraient l’entrée par des tourniquets bardés de capteurs de métaux. Nous nous approchâmes un peu plus. D’un oeil curieux, je lorgnai sur les écrans de contrôles du fonctionnaire en faction le plus proche de nous.

Spike avait raison, les caméras étaient bien infrarouges. Jakob s’approcha du tourniquet, je resserrais plus fort ma main sur lui, prête à nous téléporter immédiatement si besoin. Mais l’agent ne broncha pas. Un oeil sur son écran m'apprit que nous étions totalement invisibles à ses appareils.

  Jakob poussa sur la barre métallique et nous nous retrouvâmes dans le hall d’entrée. Sa configuration me faisait penser au quartier général de la CIA. Comme lui il avait un gigantesque logo incrusté dans le marbre du sol  

  - Alors, où allons-nous ? Demanda Jakob

  - Aucune idée ! C’est immense ici, et maman ne m’a emmenée qu’une seule fois, lorsque j’étais toute petite.

  Notre plan comportait quelques failles évidentes.

  - Sais-tu au moins dans quel service elle travaille ?

  - Je crois que c’est le département des recherches, mais je ne suis pas sûre, elle est toujours restée très évasive sur le sujet ! On pourrait essayer de se téléporter près d’elle.

  J’avais lu dans mon grimoire qu’en se concentrant bien sur la personne, la chose était possible. Je pourrais peut-être y parvenir.

 Nous aurions peut-être commencer par là. Notre amateurisme devenait criant d’évidences.

   - Essaye, on verra bien. Dans le pire des cas, on l’attendra près de la sortie, ou de sa voiture.

  Jakob me prit la main. Je tentais de visualiser du mieux possible ma mère. C’était fou comme la physionomie d’une personne, même très proche, pouvait vous échapper lorsque vous tentiez d’en faire une image mentale précise. À chaque fois que je croyais tenir un élément, il apparaissait clairement puis s’évanouissait, pour ne laisser qu’une impression de flou, de silhouette générale. 

  Je fis du mieux que je pus, puis prononçai le sort. Le premier coup fut un véritable échec. Nous nous étions retrouvés dans une station de ski où ma famille et moi étions allées en vacances. C’était un cadre super sympa, je me promis d’y revenir avec Jakob à l’occasion, mais pour le moment, je devais trouver ma mère. Je conclus tout de même de cet essai infructueux, que la difficulté résidait surtout dans l’abstraction du lieu !

  Je refis donc le vide dans mon esprit et pensai fortement à maman. Mais cette fois-ci plus à ce qu’elle représentait pour moi, son amour, sa douceur, sa présence lorsque j’en avais besoin, lorsqu’elle soignait mes petits bobos. Je fis un petit cercle avec ma baguette tout en prononçant la formule magique.

  - Guem  

  Nous nous retrouvâmes dans une pièce de taille moyenne. Les murs étaient blancs, sans fioriture. Une seule fenêtre donnait sur l'extérieur, des néons venant combler le manque de lumière. Quelques tiroirs à archive et deux bureaux la meublaient. Ma mère était penchée, sur l’un d’eux, une carte d’état major sous les yeux. Elle interpella son voisin de table, un petit homme, ni très beau ni vraiment moche. Il avait quelque chose de charmant tout de même. Les cheveux grisonnants, de petites lunettes rondes, il dégageait un air sympathique. Le physique du bon copain ou du tonton blagueur quoi !

  - Mike, quelque chose se prépare, du côté de Denver.

  - OK Cathy ! je préviens notre équipe en place.

  - Il appelle ma mère Cathy ? Ben faut pas qu’il se gêne lui !

  - Melly, il travaille ensemble probablement depuis des années, s’ils sont amis il ne va pas l'appeler Madame Parker !

  - Alors s’ils sont amis, pourquoi elle ne nous l’a jamais présenté ! Demandais-je en montrant un cadre contenant une photo de mon père et moi sur son bureau.

  Jakob allait me répondre, mais le fameux Mike ne lui en laissa pas le temps.

  - Ho ! J’ai un 404 du côté de Baltimore. Tu peux jeter un oeil s’il te plaît ? Il lui tendit un portrait tout juste imprimé.  

  - Un 404 ? C’est quoi ça ?  

  Jakob haussa les épaules.   

  - Je ne sais pas, chut !

  - Tu as plus d’info ? interrogea ma mère

  - Dix ans, il devait rentrer chez lui après l’école, la Pretybird school, prés de Growing avenue. Il n’a pas prit le bus scolaire.

  Une disparition ! Ma mère travaillait sur les disparitions de personnes ?

  - OK, je me m’y mets.

Elle ouvrit un tiroir, en sortit une nouvelle carte et, contre toute attente un pendule !

  Je me tournais vers Jak en ouvrant de grands yeux.

 


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