Chapitre 1 Déconvenue
Eluksteiga
-
Ça y est je l'ai ! S’écria-t-elle en bondissant vers moi.
Les
bras en l'air, le sourire jusqu’aux oreilles, on aurait dit une
hystérique.
-
J'y crois pas ! Fais voiiiirrr !!!
- Cadeau
d’anniversaire pour tes seize ans ! Dit Lyne en me
tendant mon téléphone portable.
Les
mains tremblantes je le saisis. Mon cœur s'emballait, ses battements
résonnaient si fort que l'on devait les entendre de l'autre bout du
lycée.
En
fond d’écran. C'était bien lui, Tim, le beau, le magnifique Tim,
capitaine de l'équipe de Basket. Celui dont j'étais folle amoureuse
depuis l'an passé ; année où il avait été envoyé à côté
de moi en punition par la prof de biologie.
Depuis ce
jour là, je rêvais fréquemment de lui. Il m'obsédait. Je passais
mes heures libres à tenter de le croiser dans les couloirs lorsque
nous n'avions pas cours ensemble. J’allais voir tous ses matchs et
le plus possible de ses entraînements.
Engouement pour le sport qui soit dit en passant n'avait pas échappé
à tout le monde, et surtout pas à ma mère ! Il suffisait que
je lui dise que j’allais au stade pour qu’elle supposât avec un
petit sourire en coin qu'il y eut anguille sous roche. Il fallait
avouer que depuis ma plus tendre enfance, j'étais plutôt du style à
chercher toutes les excuses possibles et imaginables - même
l'enterrement de mon poisson rouge - pour me faire dispenser de
sport. Alors là, évidemment, ma soudaine passion pour les jeux de
ballon ne lui laissait aucun doute sur mes motivations.
Et
là, aujourd’hui, les joues rouges, les yeux pétillants
d'excitation, je contemplais Tim sur l'écran de mon smart-phone. A
moitié nu, une simple serviette autour des reins cachait
son intimité. Des abdos en tablettes de chocolat, les muscles longs
et saillants, et ce sourire, si ravageur, il aurait fallu être
aveugle pour ne pas comprendre pourquoi il avait le statut de “plus
beau mec du lycée” !
-
Ha, ha ! Timothy Moore, je t'ai eu ! Déclara Lyne en
tordant les fesses.
Elle
faisait la fière à la manière d’une starlette, mimant des
positions lascives pour me faire rire. Ce qui comme d'habitude
marchait à merveille, et je m'esclaffais.
-
Mais comment as-tu réussi ?
Elle
me regarda l'air malicieux
- Ma
petite Melly, il y a des choses que les filles intrépides doivent
savoir faire pour leurs meilleures amies. Surtout si celles-ci sont
tellement timides qu'elles n'osent même pas adresser la parole au
mec qui les fait vibrer depuis plus d'un an !
-
T’as quand même pas...heu...enfin tu vois quoi ? dis-je
gênée
-
Coucher avec lui ! Pffeu t’es folle ! Bien sûr
que non, d’abord je ne te ferai jamais un truc pareil, et en plus
c’est pas mon type d’homme ! Non, je l’ai juste suivi dans
les vestiaires et hop, clic clac dans la boite, dit-elle dans un
éclat de rire.
Elle
me sourit, son regard bienveillant se posa sur moi et me remplit de
tendresse.
Lyne
avait toujours été là pour moi. Nous nous connaissions depuis la
maternelle. On avait beau avoir le même âge, elle m'avait toujours
défendue. C'était ma sœur de cœur, mon amie pour la vie. On était
inséparable, de vraies jumelles.
Enfin...
à mon grand malheur, la ressemblance s’arrêtait là, car
physiquement rien ne nous rapprochait. Lyne était blonde,
belle, élancée, ni trop grande, ni trop petite, des seins à faire
pâlir une cohorte de légionnaires, musclée et souple, sexy à
mort, elle incarnait la beauté parfaite. Et quand elle l'avait
décidé, aucun homme ne lui résistait. Hyper courtisée, capitaine
des pom-pom girls, elle avait accès à un univers qui ne m'aurait
jamais été ouvert si je n'avais pas été son amie. En effet, qui
aurait voulu inviter à sa fête une pauvre gourde telle que moi, qui
sans être moche, n'avait rien de particulier ? J'étais d'une
banalité absolue, de taille moyenne, brune, les fesses trop plates
et les seins trop petits à mon goût, un petit ventre sans être
vraiment grosse et d'imperceptibles poignées d'amour naissantes.
Pour couronner le tout, je me mettais à rougir comme une tomate
chaque fois que je me retrouvais dans une situation embarrassante
( Pas très pratique pour séduire les garçons ! ).
Seuls mes yeux d'un vert intense tranchaient au milieu, et
rehaussaient de mystère une personnalité qui sans cela aurait pu
être transparente.
On
se demandait d'ailleurs souvent comment une fille aussi populaire que
Lyne faisait pour me fréquenter. Mais c'était sans compter sur son
grand cœur. Lyne, en plus de toutes ses qualités physiques, avait
un cœur immense où elle m’avait réservé une place de premier
choix dès notre première rencontre. Et là, elle m’offrait le mec
de mes rêves, enfin... sa photo bien sûr.
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