-
Houaaaaa.... Il est trop craquant, je fonds littéralement. Ho, Tim,
TIM, TIM, je t’aime, je t’aime, JE T’AIMEEEE, me mis-je à
crier dans le couloir en tournoyant sur moi-même.
Je
tenais mon téléphone à bout de bras tel un trophée lorsque mon
regard s’arrêta net sur Cynthia.
Toute
la joie qui m’avait envahie quelques secondes plus tôt venait de
s’évaporer, laissant la place à une lourde boule de plomb dans
mon estomac. Mes joues s'empourprèrent en un clin d’œil. Je
déglutis difficilement. Comment avais-je pu être assez stupide pour
me croire seule ici, dans les couloirs du bahut, au beau milieu de
l'après-midi ?
Cynthia
la pimbêche de la classe, comme je l’appelais, me regardait d’un
œil mauvais, un sourire cruel cloué sur la bouche. En deux pas elle
fondit sur moi tel le faucon sur le lapereau. Elle m’arracha mon
téléphone, eu un moment de blocage, puis éclata d’un rire
moqueur !
-
Ma pauvre Melly ! Mais laisse tomber, c’est pas un mec pour
toi ! Tu t’es vue ? T’as aucune chance !
-
Ho, c’est bon, Cynt ! S’interposa Lyne, fous-lui la paix.
Cynthia
n’osa pas s’opposer à son capitaine. Elle aussi était pom-pom
girl et magnifiquement proportionnée. Mais contrairement à Lyne,
elle profitait au maximum de ses atouts physiques et de sa notoriété
pour humilier les autres dès qu’elle le pouvait.
Elle
haussa les épaules, se retourna vers Lyne et me jeta mon téléphone.
- Pfou,
Lyne, je ne comprendrais décidément jamais ce que tu fais à
traîner avec cette fille. Elle secoua la tête l’air dépité,
puis ajouta : du social sans doute !
Et
elle éclata de rire en repartant, sûrement fière de cette dernière
raillerie.
J’étais
tétanisée. Les larmes commençaient à embuer mes yeux.
-
Je suis morte ! Elle va détruire ma vie ! Elle va propager
la rumeur dans tout le lycée. Je ne pourrai plus jamais me montrer.
Il va falloir que je change d’établissement, que je...
Lyne
me prit par les épaules et me regarda dans les yeux.
-
Stop ! Arrête ! C’est rien ! T’es
amoureuse d’un mec, il n’y a rien de honteux ! Il n’y a
rien de plus naturel !
-
Oui, rien de plus naturel ! L’hideuse Melly, amoureuse de
Tim !!! Ironisais-je
-
Arrête, déjà, tu n’es pas moche ! Tu es même vachement
jolie, et en plus, tu es bourrée de charme ! Contrairement à
pas mal de filles et notamment cette brune ! Dit-elle en
pointant du menton la direction qu’avait prise mon ennemie !
Et puis ne t’inquiète pas, dès que je la verrai, je lui dirai de
te laisser tranquille avec cette histoire.
Elle n’osera pas aller contre moi, elle sait qu’elle risquerait
de finir sur la touche.
Un
flot d’élèves commençait à se déverser par les portes
d’entrée, la sonnerie n’allait pas tarder à
retentir.
-
Allez, grouille, prends tes affaires, on va être en retard en maths,
m’ordonna mon amie.
Je
la suivis sans grande conviction. J’avais la nausée. Je tentai de
me persuader que Lyne avait raison, mais quelque chose en moi me
disait que cette fois mon compte était bon. Je n’aurais plus qu’a
déménager, je terminerais mes études dans un lycée pourri et
finirais balayeuse ! Belle perspective d’avenir !
Je
traînais les pieds, je n’avais aucune envie d’affronter le
regard moqueur de Cynthia. Il restait encore quelques élèves
retardataires dans le couloir, mais eux courraient pour entrée en
cours avant de finir chez le conseiller d’éducation. Alors que
moi, plus la porte de la salle de classe se rapprochait,
plus j’avais envie de faire demi-tour. Lyne avait déjà franchi le
seuil et se dirigeait vers sa place. La tête basse, fuyant le regard
des autres, je fixais mes converses bleues avec une intensité telle
que j’aurais pu les faire fondre. Je ne voulais qu’une chose :
passer inaperçue ! Mais même mon pantalon slim me semblait
énorme. Ce qui devait être le cas, car la porte à peine franchi,
monsieur Flitcher le prof de maths m’interpella.
-
Bonjour Mlle Parker, me dit-il avec un gentil sourire.
Je
relevai la tête pour lui répondre et c’est alors que ce qui
devait arriver arriva : mes jambes s'emmêlèrent
dans le sac de Jessica Johnson qui l’avait de toute évidence
poussé là exprès. J'eus beau essayé de me retenir, en tentant de
larges moulinet de mes mains, entraînée par mon élan, je basculai
en avant et m'étalai de tout mon long entre les tables de
cours. Dans la chute, ma tête heurta violemment un des
pieds du bureau de celle-ci, m’arrachant un crie de douleur.
Rassemblant
le peu de dignité qu’il me restait, je m'asseyai par terre tant
bien que mal, sous les rires moqueurs de mes camarades.
- Bon
sang que ça fait mal ! soufflais-je les larmes aux yeux.
Ce
n’était décidément pas ma journée. Je portai la main à ma tête
une bosse se profilait déjà sous mes doigts. Heureusement, mon cuir
chevelu avait tenu bon et ne semblait pas entamé. J’aurais eu
l’air encore plus bête avec du sang partout !
Monsieur
Flitcher se précipita vers moi, me tendant la main pour m’aider à
me relever.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire