Chapitre 2 Révélation
Stelindel
Ce
furent les coups frappés à la porte de la cabine qui me
réveillèrent. Je ne savais plus où j’étais. Je m’étais
endormie au wc ???? Le comble de la lose !
Il ne manquait plus que les autres l’apprennent et cette fois je
n’aurais d’autre choix que de m’exiler au pôle nord pour
échapper à la risée du monde !
-
Melly ! Melly ! Mais réponds-moi bon sang, je sais que tu
es là !
-
Lyne ? Tu es seule ?
-
Ben oui, bien sûr ! Je savais que je te trouverais ici.
Ouvre-moi s’il te plaît.
Je
déverrouillai la serrure et me jetai dans ses bras.
-
Je suis désolée, me dit-elle, c’est ma faute, rien de ceci ne
serait arrivé si je n’avais pas pris cette fichue photo !
-
Non, ne t’excuse pas, c’est moi qui suis bête. Je suis navrée
de t'infliger une copine aussi pitoyable. En plus je sais
pas ce qui m’arrive aujourd’hui, je réagis comme une gamine.
Elle
me tendit mon sac.
-
Tiens ! Dit-elle, tu l’avais oublié. Bien essayée la combine
du sanglot pour que je porte tes affaires, mais j’ai repéré
l’astuce à des kilomètres.
Elle
me fit un clin d’œil complice. Lyne cherchait toujours les mots
pour m'apaiser et essayer de me faire sourire.
Je
me forçais à lui offrir un petit rictus, mais le cœur n’y était
pas. Elle éclata de rire, et m’embrassa sur la joue.
-
Allez, viens petite sœur, voilà déjà une bonne heure que tout le
monde est parti et il vaudrait mieux ne pas trop traîner dans le
coin sinon ils vont finir par nous embaucher pour le ménage !
Au
dehors, le soleil chauffait, rendant ces premiers jours de mi-avril
déjà bien agréables. Arrivée sur le parking, Lyne sortit son
trousseau de clés et ouvrit sa voiture. Elle décapota sa petite New
Beetle bleu ciel et nous nous y installâmes. Elle avait eu ses seize
ans avant moi, et depuis qu’elle avait ce moyen de locomotion, elle
passait me prendre et me ramener chez moi pour les cours. Mais
au moment où je m'apprêtai à boucler ma ceinture de sécurité, je
l'aperçus, lui, l’inconnu du couloir ! Il était appuyé sur
une Camaro rouge feu et semblait attendre quelqu’un ou quelque
chose. Le même frisson étrange de désir et de crainte me parcourut
l’échine.
-
C’est qui lui ? Demandai-je à Lyne
Elle
se retourna et sourit
-
Ben dis donc, tu te remets vite toi !
Elle
tourna la tête pour voir de qui je parlais.
-
Je crois qu’il s’appelle Jonas, ou Jason, un truc dans le genre,
mais je n’en sais pas plus. Pourquoi il t’intéresse ?
-
Je… Non, non, je ne l’avais jamais vu avant aujourd’hui, c’est
tout, et...
Et
à ce moment-là, le garçon me fit un petit signe amical de la
main.
Lyne
se retourna vers moi interloquée.
-
Mais tu le connais ???
-
Non, enfin... oui, plus ou moins.
Lyne
fronça les sourcils et fit une moue d'incompréhension.
Elle
démarra la voiture et passa devant l’étrange garçon, qui nous
suivit du regard sans cesser de me sourire.
-
Bon alors tu racontes ! Me demanda-t-elle après s’être
insérée dans la rue.
-
Je l’ai percuté tout à l’heure en sortant de la salle de classe
et je me suis retrouvée dans ses bras.
-
Et... dit Lyne avide d’en savoir davantage.
-
Il m’a fait un compliment, et... je l’ai envoyé bouler.
-
Quoi ??? Là, tu me scies, un mec se fout de toi, tu
pars en pleurant, un autre te fait un compliment et tu le
rembarres ???
-
Mais je ne savais pas, dis-je pour me défendre. Je croyais qu’il
se moquait de moi aussi ! D'ailleurs, qui te dit que ce n’était
pas le cas ?!
-
Et pour le coup, de rage, tu as défoncé la porte de toilette ?
répondit Lyne perplexe.
-
C’était un accident, je n’ai pas fait exprès, je ne me suis
même pas rendue compte que je la poussais si fort. Tu me connais bon
sang, je ne suis pas violente !
-
Ouais, ben ma vieille, heureusement pour toi que personne ne t’a vu
faire, déjà que tes parents vont être furax !
Mon
ventre se contracta, j’avais oublié ce « détail ». évidemment,
l’administration avait dû signaler mon départ. Ma mère devait
être morte d’inquiétude, j’aurais dû être rentrée depuis au
moins deux heures. Mais ?... Pourquoi n’avait-elle pas cherché
à m’appeler sur mon portable ?
Je
pris le cellulaire,
-
Ho bon sang ! M’écriai-je, quinze appels en absence !
Tous de ma mère. Je vais me faire tuer !
-
T’inquiète, me rassura Lyne avec un clin d’œil. Voyant que tu
ne répondais pas, elle m’a appelée et je lui ai dit que ton
portable n’avait plus de batterie. Elle m’a demandé de lui
expliquer ce qui s’était passé. J’ai répondu que te sentant
mal, tu étais partie précipitamment aux toilettes. Que le prof
avait mal compris et que ce n’était qu’un malentendu.
-
Et elle t’a crue ?
- Bien
sûr ! En plus, ce n’est même pas un mensonge ! Enfin,
presque pas, dit-elle dans un éclat de rire.
-
Merci ma Lylie, tu es la meilleure des copines.
Je
sentis que mes sanglots allaient reprendre. Ho bon sang non !
J’étais vraiment à fleur de peau aujourd’hui. Mais qu’est-ce
qu’il m’arrivait ? Ça ne me ressemblait pourtant pas d’être
une pleurnicheuse ! Bien sûr je n’étais pas la fille belle
et populaire du lycée, mais je n’avais pour autant pas l’habitude
de me complaire dans de longs sanglots monotones ! Mon
comportement m’étonnait. Je restai perplexe. La fatigue sûrement !
Je respirai un grand coup, essuyai d’un revers de main les larmes
qui perlèrent au coin de mes yeux et me retins.
Je posai
la tête contre le cuir beige de mon siège et me laissai aller.
J’aimai bien son odeur de neuf. Bercée par le doux ronron du
moteur, je regardais défiler les voitures autour de nous. J’étais
lessivée, exténuée, éreintée, minée, comme si j’avais fait un
marathon. J'entendais la voix de Lyne au loin, mais sans parvenir à
comprendre ce qu’elle me disait, j’avais beau lutté, il m’était
impossible de me concentrer sur ses paroles. J’avais la tête
lourde, mes jambes étaient devenues du coton. Et puis cette
pénombre, mais quelle heure était-il déjà ?
Pourquoi
faisait-il déjà si nuit ?
...
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