Chapitre 3 - 1 Retour à la normale  - ou presque -


Uert koei e ietlerg - voi upalerg -

Cette fois, ce fut dans une chambre d'hôpital que je me réveillai. Prises pour branchement en tout genre en tête du  lit médicalisé, murs jaunes pâles et mobilier sommaire. Aucun doute possible !
  Je n’avais aucune idée, ni de l’heure ni du jour qu’il pouvait être, mais une chose était certaine : vu le nombre de bouquets de fleurs qui s’entassaient sur ma table de nuit et la commode,  je n’étais pas ici depuis seulement quelques heures!  
Je tentai de bouger la tête. Elle me semblait raide, comme grippée par la rouille. Mon cou endolori résista un peu, puis se remit à fonctionner normalement. Je me sentais lourde, et ankylosée, mais une furieuse envie de faire pipi me forçait à me lever. Je pensais même que c’était elle qui m’avait réveillée. Je repoussai les draps...  
  - Aïe !  
  J’avais une aiguille plantée dans le bras. En levant la tête, je me rendis compte qu’une perfusion me diffusait son liquide transparent. Je tentais de m'asseoir dans le lit, mais fus prise de vertiges. Je me cramponnais à la barrière, et la porte de la chambre s’ouvrit.
  Je restai stupéfaite, la bouche ouverte, à contempler celle qui venait d’entrer un café à la main : Jessica Johnson !  
  - Melly, tu es réveillée ! S’écria-t-elle en souriant de toutes ses dents !  
  - Jessica ?!!  
  Je n’en revenais pas !  
  - Mais qu’est-ce-que-tu fais ici, toi ? Lui demandai-je à la limite de l'agressivité.  
  Ses yeux s’emplirent de larmes.  
  - Je suis désolée... je ne voulais pas... je ne savais pas que... je suis tellement désolée, pardonne-moi.  
Et elle se mit à pleurer pour de bon. Je n’en revenais pas !  
  - Mais de quoi parles-tu ? Te pardonner de quoi ?  
Elle me regarda de ses yeux de cocker. Son Rimmel avait coulé, laissant de grosses traînées noires sur ses joues.  
  - Je ne l’ai pas voulu, je n’ai pas voulu te faire mal, c’était une plaisanterie idiote. Je ne pensais pas que... Je suis tellement désolée.  
  Ça y est, ça me revenait, le sac, la chute, la honte ! Elle l’avait donc bien fait exprès cette peste ! Et alors, elle attendait quoi là, avec ses larmes de crocodile ? La rédemption ? Que je lui pardonne d’avoir provoqué mon humiliation devant toute la classe, que je lui pardonne de m’être cogné la tête contre SON bureau par SA faute ! J’étais estomaquée ! Elle ne manquait pas de culot celle-là !  
Je la fixais d’un œil mauvais. Mais une chose m’échappait, pourquoi venait-elle me le dire ici ? Et à bien la regarder, une autre chose me surprit encore plus : elle paraissait sincère !  
  - Écoute, on en parlera plus tard, lui dis-je, aide-moi, il faut que j’aille aux toilettes !  
  - Non, attends, j'appelle une infirmière, tu ne dois pas te lever, dit-elle en se précipitant vers la sonnette.  
  Je retins son bras.  
  - Non ! C’est toi qui vas m’aider, tu voulais te faire pardonner, et bien c’est le moment ! Commence par m’aider à aller au wc, on verra après pour le reste !  
Elle bafouilla quelques mots incompréhensibles, du genre c’est dangereux, il ne faut pas etc, hésita plusieurs fois, puis se résigna à me tendre le bras.  
  Je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles ! J’avais un aplomb que jamais je n’avais eu. Je forçais Jessica à faire ce que j’avais décidé ! Moi ! Melly Parker, je lui avais tenu tête !  
  D’ailleurs, ce n’était peut-être pas une si bonne idée finalement. J’avais la tête qui tournait tellement que ma chambre semblait faire un tour de grand huit. Et il ne fallut pas longtemps pour que Jessica fût obligée de lâcher mon pied à perf et se jeter sur moi pour me rattraper avant que je n’aille choir une fois de plus aux siens ( de pieds ).  
  Au bout d’un moment, on finit tout de même par se retrouver dans les toilettes. Moi assise sur les WC, en train de faire pipi devant une de mes pires ennemies, et elle qui me soutenait de ses bras ! De mémoire, je n’avais pas vécu de situation aussi saugrenue !  

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