Désolé pour tout ce gros retard à poster ce chapitre, mais la sortie de "comment bien conduire un camping car m'a pris beaucoup de temps, et écrire n'est malheureusement pas ma seule occupation, il faut bien faire bouillir la marmite.
Bonne lecturee
**********************************************************************
Jessica
m’aida à regagner mon lit. Mon corps semblait vouloir fonctionner
à nouveau plus normalement, et les vertiges se faisaient moins
violents. Je m’étendis tout de même avec soulagement.
Elle
me regarda gênée. Je devinais qu’elle voulait me dire quelque
chose sans vraiment oser.
-
Alors, se lança-t-elle timidement, tu ne m’en veux pas trop ?
Aussi
étrange que cela puisse paraître, elle me fit de la peine, et même
si profiter de la situation encore un moment ne m’aurait pas déplu,
je ne pouvais pas. Sans même le vouloir, sans même le décider, je
lui avais déjà tout pardonné ! À croire que faire pipi avec
son ennemie vous rapprochait, pensai-je en éclatant de rire
intérieurement.
Elle
dut prendre mon sourire pour son pardon, car elle se mit à sourire à
son tour et me remercia de ma grandeur d'âme ! MA GRANDEUR D'
ÂME ! Eh oui, Jessica Johnson trouvait que j’avais une
grandeur d'âme. On me l’aurait dit il y a seulement quelques
jours, je n’y aurais pas cru. Quelques jours ???? Mais au
fait...
-
Jess, je suis là depuis combien de temps ?
Elle
parut gênée à nouveau.
-
Cinq jours, dit-elle en regardant ses pieds. Cinq jours que tu es là
par ma faute. J’ai failli te tuer avec une plaisanterie stupide !
Elle se remit à pleurer.
-
Quoi ? Mais arrête, ce n’est pas ta faute !
- Si !
les docteurs ont dit que tu avais un traumatisme crânien. Ils ne
comprennent pas pourquoi une lésion si superficielle aurait causé
ton étrange coma. Mais je suis persuadée du contraire, malgré
toutes leurs recherches, et toutes les analyses qu’ils t’ont
faites, ils n’ont trouvé aucune autre explication !
D'ailleurs d'après leurs dires, ce n’était même pas un coma
ordinaire ! Pour eux, c’est une sorte de sommeil profond
inexplicable. Mais moi, j’en suis sûre, c’est le coup que tu as
pris à la tête.
Je
ne savais pas pourquoi, mais j’étais persuadée du contraire. Je
pris un air très sérieux.
-
Écoute Jessica, je suis certaine que tu n’as rien à voir
là-dedans. J’étais sûrement extrêmement fatiguée, c’est
tout ! Regarde, je n’ai même plus de bosse, dis-je en
montrant l’endroit où mon crâne avait tapé la table. Mais tes
excuses me font quand même vachement plaisir, parce que
l’humiliation que j’ai subie m’a fait bien plus de mal que ce
petit bobo.
Elle me
regarda toujours hésitante, mais je dus paraître suffisamment
convaincante pour qu’elle abandonne sa théorie et se range à la
mienne.
-
Alors, amie ? Lui lançai-je en tendant la main.
Elle
se jeta dans mes bras.
-
Oui, amie, je suis désolée de...
-
Jess, la coupai-je, n’en parlons plus, c’est oublié.
Elle
sourit, puis s'abattit sur la chaise réservée aux visiteurs.
-
He, ça va pas ? M’inquiétai-je.
-
Non, ce n’est rien, juste un peu de fatigue. En fait, tes parents,
Lyne et moi nous nous relayions à ton chevet, et depuis deux nuits
je ne dors pas alors, j’ai un petit coup de pompe. Ho mon dieu !
Sursauta-t-elle, tes parents, il faut les prévenir que tu es
réveillée !
Elle
prit son téléphone et composa leur numéro. J’entendis d’ici ma
mère crier de joie.
-
Passe-la moi Jessica s’il te plait, lui demanda-t-elle sur un ton
qui semblait à la fois impatient et inquiet.
-
Allô Maman, fis-je dans le combiné.
-
Oh ma chérie, c’est bien vrai ! Loué soit le seigneur, tu es
réveillée. Comment te sens-tu ? As-tu-vu le docteur ? Tu
n’as pas de séquelles dis-moi ?
-
Non, M’man, tout va bien, je n’ai encore vu personne, mais à
part quelques vertiges en me levant, tout va bien, je bouge mes bras,
mes jambes, tout semble fonctionner normalement.
-
Tu t’es levée ? Mais tu es folle, ne prends pas de risque.
-
Jess m’a aidée M’man, ne t’inquiète pas, je suis sûre
qu’elle aurait appelé de l’aide si j’avais eu un souci.
-
Ho, je n’en doute pas, me répondit-elle. C’est une gentille
fille, elle et Lyne nous ont bien soutenus, tu sais. Tu as de la
chance d’avoir des amies comme elles !
-
Oui M’man, j’ai de la chance, dis-je avec un sourire.
Si ma
mère avait su le fin fond des choses, je ne suis pas certaine
qu’elle aurait réagi aussi positivement avec Jessica.
-
Dire que la pauvre petite s’accusait de t’avoir fait tomber,
j’espère qu’elle est rassurée désormais, ajouta ma mère.
J’en
restai comme deux ronds de flan, non seulement, je me trompais sur
l’attitude de ma mère, mais aussi sur celle de Jessica ! Elle
leur avait donc avoué être la cause de l’accident, et mes parents
ne lui en voulaient pas !
Houa !
Finalement, c’est eux qui avaient une sacrée grandeur d’âme !
Et la Jess assurait grave côté « j’assume mes responsabilités
» !
Elle
était donc vraiment beaucoup moins superficielle que je ne l’avais
cru !
-
Et tes cheveux ma puce, tu n’es pas trop choquée ? Demanda ma
mère.
-
Quoi ? Mes cheveux ? Que veux-tu dire ?
Je
ne comprenais pas. Jessica me fit signe de la main, pour que je
patiente. Elle sortit un petit miroir de poche dans son sac à main
et me le tendit. Il me fallut un moment pour réaliser. Je n’en
revenais pas, la personne que je contemplais dans la glace, me
ressembler parfaitement, c’était moi, mais au lieu d’être
brune, j’étais auburn avec des reflets roux prononcés.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire