Chapitre 7 - 1 Chavirante rencontre

Chapitre 7 Chavirante rencontre  

Uertnate odesa



  - Jakob ???  
  J’étais électrisée, tétanisée et tremblante en même temps.  
  - Oui, c’est moi, laisse-moi monter.
  Mon cœur s'emballait, ma tête aussi.  
  - Quoi ? Non, mais t’es malade ! Tu crois que je laisse monter n’importe quel garçon dans ma chambre !  
  - Alors, descends, il faut absolument que je te parle.  
  - Quoi ? Mais tu es fou ? que me veux-tu ?  
  - Viens, je te dis.  
  - Mais...  
  J’étais partagée entre deux envies complètement opposées : la première, l’envoyer paître et fermer la fenêtre, la deuxième courir le rejoindre !  
  C’était dément ! Comment pouvais-je avoir autant envie d’aller lui parler ? Je le connaissais à peine !!!  
Bon, de toute façon, vu le raffut qu’il faisait, il valait mieux que je descende directement avant qu’il n’ameute tout le quartier.  
  - OK, j’arrive, tais-toi !  lui ordonnais-je.  
  Je fermai le battant. Et sortis de ma chambre bien décidée à l’éconduire... Quoi que...il était si mignon ! Et puis il y avait cette sensation qui m’envahissait chaque fois que je le voyais, à la fois si douce, et si piquante. Un frisson me parcourut la nuque.  
J’enfilais en hâte une veste, la nuit était tombée, et la température aussi. Mais heureusement, il ne pleuvait plus.  
  Ma mère ne semblait pas s’être aperçue de la présence du garçon devant notre maison. Tant mieux ! Je n’avais pas envie de répondre à ses questions.  
J’ouvris la porte, tentai d’éclairer la lumière extérieure, mais celle-ci refusa de s’allumer ! Zut, l'ampoule devait être grillée.
  Je descendais les marches rapidement, mais butais sur la dernière. Déséquilibrée, je partis en avant, pourtant au lieu de me retrouver par terre, je me trouvais une fois de plus dans ses bras. Il allait finir par croire que je le faisais exprès !  
  - Ho, on dirait bien que je tombe à pique une nouvelle fois, me dit-il avec un sourire qui me faisait fondre.  
  Bon sang qu’il était mignon ! Il était plus grand que moi bien sûr. Il devait faire un bon mètre quatre-vingts, et semblait robuste. On sentait sous son pull des bras musclés et souples, et se loger au creux de sa poitrine dégageait une impression de sécurité et de bien-être d’où l’on avait du mal à se retirer.  
  Je ne sais pas combien de temps je suis restée là blottie dans ses bras, mais lorsque je suis revenue à la réalité, j’étais bien contente qu’il fasse nuit tellement je devais être rouge de honte.  
  - Ça va ? me demanda-t-il gentiment.  
  - Hein... Heu... Oui... Bafouillais-je. Merci de m’avoir retenue.  
  Je m’éloignais à grands regrets de son corps.  
  - Qu’est-ce que tu me voulais ? Demandais-je plus interloquée par ce que je ressentais que par sa présence.  
  Je croyais que ce fichu médaillon devait m’aider à contrôler mes pulsions. Y a rien qui marche ce soir ?  
  Il s’appuya sur le capot de sa Camaro.  
  - Je sais qui tu es Melly, et ce que tu es capable de faire.  
  Un frisson me parcourut l’échine, mais cette fois, il n’avait plus rien d’agréable. C’était...presque de la peur. Il dut le lire dans mes yeux, car il ajouta.  
  - Je suis de ton côté, n’aie crainte !
  - Je n’ai pas peur de toi ! Rétorquais-je, sans vraiment savoir pourquoi cette remarque m’avait blessée.  
  - Je n’ai pas dit ça, se défendit-il. Je... Melly, peut-être que tu pourrais baisser les armes un moment non ? Pourquoi m’agresses-tu chaque fois que je te parle, ne me supportes-tu vraiment pas ?  
J’aurais eu envie de lui crier que c’était l’inverse, que je ne le supportais que trop bien, tellement bien même que je ne contrôlais plus mes sens lorsqu’il était en ma présence. Qu’aucun autre garçon ne m’avait fait cet effet là avant. Que je n’avais qu’une envie, retourner me coller contre lui, respirer ce parfum si agréable qui semblait tourner autour de lui, ressentir la douce chaleur de ses bras. Je soupirai bruyamment.  
  - Non, bien sûr. Il n’y a pas de problème, me contentais-je de lui dire, espérant secrètement qu’il put lire mes pensées.  
  Il baissa la tête et parut gêné par ma réponse.  
- Je ne cherche pas à t’embêter Melly, juste à t’aider. Je suis comme toi. Regarde.  
Il fit un tour avec son poignet et fit apparaître au creux de sa main une rose rouge !  
Houa, je ne sais pas s’il connaissait le langage des fleurs, mais là, si c’était le cas...  
  - Ce n’est qu’un tour de passe-passe, de prestidigitateur, dis-je pour ne rien laisser paraître de mon trouble.  
  - Il pointa son doigt vers ma main, sans la toucher. Je sentis une forme douce dans ma paume. Je l’ouvris, une nouvelle rose venait d’éclore entre mes doigts.  
  Je le regardais les yeux brillants. Soulagée, émerveillée, rassurée, je n’étais plus seule.  
  - Je suis comme toi, Melly, un enchanteur.  
  Il était là, avec son jean, son pull noir moulant, son sourire chavirant. Je le connaissais à peine et pourtant, j’avais l’impression de l’avoir attendu toute ma vie. Identique à la mystérieuse pièce manquante au puzzle de mon bonheur. Mes mains étaient moites, mes jambes en coton, mon cœur battait la chamade. Bon sang, c’était ça le coup de foudre ?  
Une vague d’angoisse me submergea. Et s’il ne ressentait pas la même chose ? Je ferais peut-être bien de me calmer un peu, de garder la tête claire.  
  - Respire Melly, me dis-je. Je pris quelques bouffées d'oxygène, expirai lentement. Ma sensation de bonheur ne s’était pas évanouie, mais j’allais mieux.  
  - Tu sais faire d’autre truc du même genre ? demandais-je avec une petite idée derrière la tête.  
- Oui, quelques-uns, me répondit-il.  
  - Alors viens, je le pris par la main, une douce décharge électrique faillit me couper les jambes, mais je refusais de me laisser aller et l'entraîner en courant dans la maison.  
  - M’man, j’ai un copain qui vient m’aider à faire mes maths dans ma chambre, criais-je à la volée grimpant les marches le plus rapidement possible. J'espérais que ma mère ne serait pas assez rapide pour avoir le temps de me stopper et poser plein de questions embarrassantes sur Jakob.  
Ouf, ce fut moins une ! Elle était déjà au bas de l’escalier lorsque je refermais la porte derrière Jakob.  
  - Il restera manger ? Me demanda-t-elle.
J’interrogeais Jakob du regard, il me fit non de la tête.  
  - Non, M'man, il est pris ce soir. Une autre fois peut-être.  
  Je l’avais lâché involontairement, simplement, sans y penser, ou plutôt si, en espérant qu’il y en aurait une “autre fois”. Je souhaitais secrètement que personne ne se soit rendu compte de ce demi-aveu. Je me retournais vers Jacob. Il regardait les débris de ma commode.  
  - Ha, voilà donc la magie que tu as faite ce soir !  
  - Quoi ? Mais comment tu le sais ?  
  - La magie laisse des traces. Et certains ont le don de les voir. Mon Oncle le possède. C’est lui qui m’a dit que tu avais utilisé des enchantements. C’est pour ça qu’il m’a envoyé te contacter.  
Mon estomac se contracta. Il n’était donc pas venu de lui-même, c’était son oncle qui l’avait envoyé. Serait-il venu seul si ça n’avait pas était le cas ? Bien sûr que non !  Qui pourrait s'intéresser à la pauvre Melly, l’insignifiante Melly ? Même si je n’avais plus mon gros ventre, mes poignées d’amours et mes fesses plates, je restais toujours aussi transparente ! J’étais bien naïve.  
  - Quelque chose ne va pas ? Me demanda-t-il en fronçant les sourcils. J’ai l’impression que tu es contrariée !  

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