-
Alors les jeunes, on fait la fête, grinça le premier, balançant
une canette de bière vide entre ses doigts.
-
Vous n’avez pourtant pas l’air d’avoir l'âge légal !
-
Qu’est-ce que ça peut te foutre ? T’es pas de la police !
Alors lâche-nous, lui rétorqua Tyler plein d’assurance et
d’alcool.
-
Mauvaise réponse garçon ! Lui répondit l’homme brun.
Une
lueur pernicieuse passa dans son regard noir. Il pointa du doigt
Tyler qui aussitôt s’écroula à genoux en criant de douleur. Lyne
et Mike se précipitèrent pour lui porter secours.
-
Spark ! Coupe-moi cette musique, ordonna-t-il sans lâcher des
yeux mon camarade qui se tordait toujours au sol.
Le
blond sortit un court bâton de sa veste et pointa le van de Mike
avec. Les haut-parleurs explosèrent.
J’étais
terrifiée, ce n’étaient pas des humains comme les autres !
C’étaient des enchanteurs !
Jessica
et Helena, terrorisées, hurlèrent en voyant Tyler se contorsionner
de la sorte.
D'un
seul mouvement de baguette, le brun les fit taire.
Affolé
par les cris, Tim sortit de sa tente en caleçon, Cynthia et Emmy le
suivaient en string et soutien-gorge à dentelle. En les voyant si
peu habillées, mon angoisse reprit de plus belle !
Bon
sang, ils auraient mieux fait de rester cacher sous la toile !
Les
filles coururent près du feu en essayant de cacher leurs formes,
mais c’était inutile !
Un
éclair de désir salace avait envahi la face des deux brutes
blondes. Je craignais le pire. Les garçons avaient beau être
baraqués, et plus nombreux, contre des enchanteurs nous n’avions
aucune chance.
-
Qu’est-ce que… ? Tenta Tim en bombant le torse d’un air
menaçant, mais un unique geste du brun et il s’écroula à son
tour par terre en hurlant.
-
Mais bon sang, qu’est-ce que vous voulez ? hurla Randy !
Le brun
éclata d’un rire sinistre.
-
Juste nous amuser un peu, on adore les Moris. Pas vrai les gars ?
S’esclaffa-t-il cyniquement.
Mon
sang se glaça. Helena et Megan pleuraient. Tyler avait cessé de
hurler, mais semblait abattu et Lyne était toujours accroupie à ses
côtés lorsque le blond à la cicatrice s’approcha d'elle et la
tira vers lui par les cheveux. Elle bascula à ses pieds.
-
Viens là toi, tu m’as l’air sacrément mignonne !
Non pas
Lyne ! J’allais lui crier de la lâcher lorsque le brun
l'arrêta.
-
Attends Darius ! Je veux savoir avant. Qui de vous est
l’enchanteur ?
Mon
cœur cessa de battre une fraction de seconde. Mes camarades se
regardaient affolés, ne comprenant pas ce qui se passait. Seule Lyne
me fit un imperceptible non de la tête.
Je
tremblais comme une feuille. Bon sang, ils étaient là pour moi.
Comment savaient-ils ?
-
Alors ? J’attends ! Lequel de vous à lancer le sort ?
Redemanda-t-il dans un sourire cruel.
J’avais
mal au ventre, envie de vomir, j’étais terrorisée. Une seule
pensée s’imposait à moi : que Jakob puisse comme je l’avais
soupçonné l’autre jour faire de la télépathie. Jak, bon sang,
si tu m'entends, si tu lis dans mes pensées, c’est vraiment le
moment, viens vite, j’ai peur, j’ai besoin de toi !
-
Cinq secondes ! Je lui donne cinq secondes pour s’avancer
avant que je ne laisse mes deux acolytes assouvir leurs désirs les
plus bestiaux !
L’autre
blond se précipita sur Cynthia et Emmy. D’une seule main, il
arracha leurs sous-vêtements. De l’autre, il stoppa net Mike et
Josh qui tentaient de les défendre. Il visa ensuite les filles de sa
baguette magique. Elles se mirent à danser entièrement nues devant
eux, leurs corps semblaient échapper à tout contrôle. Elles
pleuraient d'effroi. On sentait qu’elles cherchaient à résister,
mais ondulaient inexorablement des hanches devant ses deux pervers
telles des danseuses du ventre dans un bar à strip-tease. J’étais
effondrée. Mon Dieu, comment arrêter tout ça ? Une solution,
il me fallait une solution ! Mais laquelle ? Je paniquai,
je ne savais rien faire. Mon livre aurait pu nous aider, mais il
était dans ma tente, et entre lui et moi se trouvaient nos
tortionnaires. Si seulement j’avais pris le temps de le lire cet
après-midi au lieu de bronzer bêtement sans rien faire. La
culpabilité s’insinuait dans mes veines en plus de l'effroi. Mes
jambes ne me supportaient qu’à peine, mes mains étaient moites,
ma tête bourdonnait, j’avais l’impression d’étouffer.
Pourtant, ce n’était pas le moment de paniquer. Il fallait que
l’on vienne nous aider et un seul était susceptible de le faire !
Il fallait absolument que j’arrive à me connecter à Jakob !
Je me concentrai de toutes mes forces.
Jakob,
je t’en prie, viens, sauve-nous, l’implorais-je, épouvantée à
la pensée qu’il ne puisse m’entendre.
-
Deux secondes ! grinça une nouvelle fois leur chef.
Le
blond à la cicatrise déchira la robe de Lyne, découvrant son
entre-cuisses où il tenta de passer la main.
Ça
en était trop ! J’explosai.
-
Non!!!!!!! hurlai-je
En une
fraction de seconde, la fureur avait pris la place de ma peur. Ma
colère était à son comble, j’avais envie de le réduire en
bouillie.
-
Laisse-la tranquille !
Je
le pointai du doigt, une détonation et un éclair de lumière orange
en sortit dans sa direction. Le blond rugit de douleurs et fut
projeté dans les airs. Il s’écroula vingt mètres plus loin et ne
bougea plus. Lyne était en sanglots, elle courut se réfugier
derrière moi. Je passai un bras autour de sa taille, j’avais vidé
ma haine.
-
Mon frère ! hurla, Spark.
Ses yeux
exorbités par la rage lui donnaient un air de dément.
-
Je vais te tuer toi et toute ta bande de sales Moris !
Vociféra-t-il à mon encontre.
Il
dirigea sa baguette dans ma direction, brailla un sortilège, qu’il
expulsa vers moi à la vitesse d’un éclair. Mais au lieu de me
frapper de plein fouet, il s'écrasa contre un champ de force qui
semblait faire une bulle autour de Lyne et moi.
Je
me précipitai vers les autres et les pressai contre moi pour les
protéger. Les sortilèges des deux sorciers fusaient contre nous
sans pouvoir nous atteindre.
Je
l’avais compris à l’instant où le premier jet nous avait
évités, tant que mes amis auraient un contact direct avec moi, je
les protégerais. Ou plutôt mon pendentif et moi les protégerions,
car à chaque mauvais sort envoyé contre nous, il luisait d’un
plein éclat. Mamie m’avait avertie de son pouvoir défenseur, et
en cet instant, je la bénissais de me l’avoir envoyé.
J'espérais
qu’il allait tenir le coup, j'espérais que j’allais tenir le
coup ! À toutes les attaques, l’air vibrait, s’échauffait,
provoquant de véritables coups de tonnerre et je ressentais une
forte secousse qui m'ébranlait de haut en bas. Le pendentif puisait
dans mes ressources magiques, j’en étais certaine. Cela
m’exténuait, je sentais que je ne tiendrais pas éternellement. La
peur et l’angoisse étaient revenues, mais j’étais aussi
persuadée que si je lâchais, ils n’hésiteraient pas à nous
massacrer.
J’avais
en tête les horreurs que l’on pouvait infliger avec la magie
noire. Je l’avais lu dans mon livre. Je savais de quoi il
retournait. Ils ne se contenteraient pas de nous violer ou de nous
tuer, ils nous tortureraient probablement nous faisant subir les
pires sévices.
Le
désespoir me gagnait à présent. Je n’étais bonne qu’à subir
leurs attaques. J’avais terrassé le premier blond par chance, sans
savoir ce que je faisais, et j’étais bien incapable de le
reproduire. Ils étaient là par ma faute, je les avais attirés en
lançant mon sort anti-ours. Je faiblissais, je le sentais. Nous
allions mourir par ma faute.
C’est
alors que trois silhouettes se matérialisèrent autour de nous. Deux
se postèrent sur les côtés et renforcèrent notre protection en
apposant un dôme sur nous. Le troisième, un homme de haute taille,
revêtu d’une cape noire se plaça devant. Il agita sa baguette en
spirale au-dessus de sa tête. Une bourrasque de vent chassa les
sortilèges des deux enchanteurs des ténèbres qui nous attaquaient.
-
Je suis le Comte Bruno Sperotielli, tonna-t-il d’une voix qui
semblait résonner et sortir de toute la forêt. Vous êtes sur mon
territoire. Toute la région de Greenver et ses habitants sont sous
ma protection. Les attaquer, c’est m’attaquer ! Fuyez ou
vous serez détruits.
Il
agita sa baguette, elle se mit à luire et la foudre s'abattit juste
à côté des deux sorciers.
Le
blond avait l’air affolé, il se précipita vers son frère, le
prit par le bras et se dématérialisa. Le brun ne sembla pas aussi
déstabilisé. Il me jeta un regard mauvais.
-
Tu es une lune rousse, grinça-t-il, ça serait toi ? On se
reverra sois en sûre ! Me lança-t-il.
Et
il s’enroula dans son manteau et disparut dans un tourbillon de
poussière.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire