Chapitre 14 - 1 Excessive



Chapitre 14 - 1 Excessive  

Esupsmete

  - Non, hurlai-je en me levant d’un bond.
  Il faisait noir. Je transpirais, j’avais le souffle aussi rapide que lors d’un cent mètres haies. Je ne savais plus où j’étais. Je cherchai désespérément une lueur à laquelle me raccrocher. Et elle vint toute seule.
  - Melly, ça ne va pas ? Que se passe-t-il ?
  C’était Jakob, il avait allumé sa lampe de chevet. Bon sang, bien sûr, j’étais chez lui. Tout me revenait désormais.
  - J’ai fait un cauchemar, lui répondis-je toujours sous le coup de l’émotion.
Mon cœur palpitait comme un cheval au galop.
  - J’étais dans une ruelle sombre, un enchanteur se tenait devant moi. Je ne pouvais pas voir son visage. Il te tenait prisonnier, dis-je encore un peu paniquée. Il pointait sa baguette sur ta tempe et te lançait un sort fatal. Et... il riait de te voir mourir. Il prenait plaisir à te tuer, Jakob ! Et... j’étais là... et je ne pouvais rien faire pour t’aider.
  J’en étais toute retournée. Je n’arrivai pas à refaire surface. Je tremblais et des larmes coulaient sur mes joues. Jacob me prit dans ses bras.
  - Chut, là, ça va aller, ce n’est qu’un mauvais rêve. Tu vois, on est chez moi, nous ne risquons rien ici. Ni toi, ni moi.
  Je me tournai vers lui. Il avait beau me sourire, je sentais bien une tension dans son regard.
  - Quelle heure est-il ?
  Je scrutai ma montre, quatre heures du matin. Cela ne faisait finalement pas si longtemps que nous dormions. Je m’étais couchée sur son lit avec mes vêtements. Je me sentais sale, collante et mal dans ma peau.
  - Jak, je sais qu’il est tard, mais est-ce que je peux emprunter ta salle de bain ? J’aimerais faire un brin de toilette et passer un pyjama.
  - Oui, oui, bien sûr. Ne te gêne pas. C’est juste là, me dit-il en me poussant une porte à côté de son bureau.
  Houa, salle de bain privée ! Cool !
  - Tu trouveras des serviettes ici, me dit-il en tirant sur le battant d’un placard.
  - Je ne serai pas longue, promis.
  Pour toute réponse, il me sourit.
  Je fouillai dans mon sac à dos, en sortis une nuisette et un petit short de nuit. Quelques minutes plus tard, l’eau coulait sur ma peau, me faisant un bien fou. J’avais l’impression que mes soucis s’en allaient par le tuyau d’évacuation en même temps que je me savonnais. Je humais ce parfum si délicat, c’était celui de Jakob. Celui que j’avais senti sur lui le premier jour où je l’avais vu, puis celui qu’il portait lorsqu’il s’était incrusté à la cafétéria. Je retournais le flacon pour en lire le nom sur l’étiquette : « Saveur d’esprit apaisé ». Il portait bien son nom celui-là ! À croire qu’il suffisait de s’en servir pour se sentir mieux !
  Bon sang ! Je ne me trompais pas ! C’était effectivement le cas ! C’était écrit en toutes lettres dessus !
Les volutes de parfums me rendaient complètement euphorique, je souriais, et me sentais totalement légère. Je tirai une serviette, l’enroulai autour de moi et repassai dans la chambre.
  - Jak ! Dis-je en montrant le flacon de gel douche. C’est un savon magique ?
  Je sautillais sur place comme si j’avais découvert un cadeau sous un arbre de Noël, alors que lui assis sur son lit torse nu et en jean me regardait en souriant.
  - Oui, bien sûr. Pourquoi ?
- C’est génial ce truc ! J’étais complètement flippée, je me douche avec ça et hop, mes soucis s’envolent ! J’ai l’impression de n’avoir plus rien à craindre. C’est trop top !
  Je me jetai sur lui en riant. Pour une fois, la Melly mal dans sa peau, la Melly pleine de complexes avait totalement fichu le camp. Je le couchai sur le lit et assise sur lui, je l’embrassai goulûment. Ses lèvres avaient un merveilleux goût d’envie. C’était la fraîcheur d’une cascade en été, et la douce chaleur d’un feu en hiver. Sa langue jouait avec la mienne. J’étais totalement heureuse. J’avais les sens en ébullition. Je caressai son torse. Plus aucune inhibition ne me retenait. Hummm, c’était bon. Mon cœur battait à tout rompre, mon souffle s’accélérait, une chaleur envahissait mon ventre. Je me collai contre lui. J’avais besoin de lui, besoin de son corps, besoin de ses caresses. Chaque passage de ses mains sur mon épiderme m’enivrait. Je me pressais plus fort contre sa peau. La mienne se raffermissait. Je tirais sur la serviette et la laissais tomber à terre. Je m’allongeais nue sur lui, mon corps tout entier s’embrasa. Chaque fois que je l’embrassais, une décharge de dopamine mettait mon cerveau en apesanteur et mes sens en folie. De ses bras il me fit basculer doucement sur le côté. Il caressa le creux de mon cou, je me tendis vers lui, basculant mon bassin contre le sien.
  - Melly... Melly... chut, calme-toi, me dit-il en m’embrassant. Viens avec moi.
  Il me prit par la main et m'entraîna dans la salle de bain tout en m’embrassant. Je le collais contre le lavabo en me frottant à lui. Je n’en pouvais plus de désir, je l’aimais à en perdre haleine et je n’aspirais plus qu’à une chose : le lui montrer. Il passa ses bras autour de mon cou, et y attacha une fine chaîne en or blanc. Le pendentif se posa sur ma poitrine et je repris peu à peu mes esprits. La flamme du désir brûlait encore dans mon ventre, mais d’une façon plus douce, moins violente. Je le regardais un peu gênée. Il tira une nouvelle serviette et m’en couvrit. Je me blottis dans ses bras. Envahie par une tendresse infinie.
  - Crois bien qu’il m’en coûte beaucoup de faire ça, mais je pense qu’il vaut mieux que tu portes ces petits cercles de diamant en permanence.
  - Je... merci. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Je me sentais si bien sous la douche, que je l’ai machinalement quitté et sans lui je suis un peu, disons, excessive.
  - Je sais, mon oncle m’en a parlé, il l’a compris lorsque tu es venue lui rendre visite. Il a bien vu que sans lui, tu aurais beaucoup de peine à ne pas laisser exploser tes émotions.
  - Je suis désolée Jak, je ne suis pas comme ça tu sais.
  - Ha bon ? Dit-il en riant, dommage.
  J’éclatais de rire à mon tour, l’embrassai furtivement, le poussai dehors et refermai la porte.
  C’était étrange. Je me sentais si bien avec lui ! La même scène m’aurait complètement anéantie de honte avec un autre. Là, j’en restai le cœur léger, prenant cela avec humour.
  Je passai mon pyjama et le rejoignis dans la pièce à côté. Il était toujours aussi séduisant, j’avais toujours une envie folle de faire des câlins coquins avec lui. Mais je saurais rester raisonnable. Nous n’en étions qu’au début de notre histoire. Nous avions le temps pour ça, rien ne pressait. Une chose était sûre, j'étais totalement amoureuse de lui. Je me glissai sous les couvertures. Il me regarda, passa une main dans ses cheveux et me fit un petit signe en direction de la salle de bain.
  - Je crois que j’ai moi aussi besoin d’une bonne douche, me dit-il en souriant.
  - Alors ne sois pas trop long, je t’attends avec impatience, répondis-je en lui rendant son sourire.
  Quelques minutes plus tard, il se faufilait sous les draps. Il était frais et sentait bon ce parfum qui lui allait si bien. Je l’embrassai, me collai contre lui et lui murmurai à l’oreille :
  - Je t’aime Jakob.
  - Moi aussi je t’aime Melly.
  Il m’embrassa une nouvelle fois. Le cauchemar qui m’avait tiré du sommeil était bien loin. Nous nous endormîmes cette fois pour de bon, enlacés tendrement l’un contre l’autre.  
  Le lendemain, je me réveillai avant Jakob, un rayon de lumière rebelle avait trouvé une faille dans les rideaux et était venu folâtrer dans mes yeux. Jakob dormait contre moi. Je n’osais bouger par peur de le réveiller.
  Je le contemplais amoureusement. Il était beau. Sa peau bronzée luisait dans la clarté du matin. Ses muscles saillants sculptaient son torse, on aurait dit un apollon. Je l’admirais.
Comment pouvait-on réellement tomber amoureuse si vite ? Je n’en savais rien, pourtant, je le vivais ! C’était un fait, Jakob me touchait véritablement au plus profond de mon âme. Il me faisait même perdre les pédales si j’en crois mon attitude de cette nuit. J’avais de la peine à le croire moi-même. C’était magique !
  Cette dernière pensée resta inscrite dans mon cerveau quelques secondes.  
  Magique ? Et si... non... je ne pouvais pas être envoûtée ?
  Le doute s’insinuait tout de même petit à petit dans mon esprit comme un poison fétide. Je regardais Jakob allongé à mes côtés.

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