Chapitre 16 Entraînement !
Dreib
-
Salut M'man, salut P'pa.
-
Bonsoir ma chérie, me lançait ma mère de la cuisine. Ta journée
s’est bien passée ?
-
Impec ! J’ai la tête comme une barrique, mais j’ai appris
plein de choses. Hum, ça sent bon ? C’est quoi ?
demandais-je en soulevant le couvercle d’une poêle.
-
Fricassou ! Répondit mon père qui passait la porte derrière.
Il
s’en léchait les babines d’avance. Comme moi, il adorait cette
spécialité ardéchoise faite de pommes de terre découpées en
lamelles et frites à la poêle. C’était ma grand-mère de France
qui avait appris cette recette à ma mère. D’ailleurs, nous avions
gardé beaucoup de pratiques et de traditions françaises.
Je
me jetai à son cou et l’embrassai.
-
Salut mon papounet.
-
Tu es bien guillerette, ma fille. J’en conclus que ta séance de
révision avec Jakob s’est bien passée, s’esclaffa-t-il avec un
clin d’œil complice.
Je
rougis un peu.
-
Oui, super !
C’était
l’excuse que j’avais trouvée pour aller chez Jakob. J’avais
prétexté des difficultés dans certaines matières et son aide bien
venue. Mais je savais que mes parents n’étaient pas dupes. Et
s’ils ne se doutaient pas pour la magie, ils avaient bien deviné
pour Jak et moi
-
Tu vois, je t’avais dit que ça s’arrangerait avec lui, dit ma
mère.
-
Oui, tu avais raison, admis-je.
Heureusement
qu’elle ne savait pas dans quelle condition s’était faite notre
réconciliation !
-
J’espère que c’est un mec bien, dit mon père, ça m'embêterait
d’avoir à lui fracasser les deux jambes s’il faisait du mal à
ma petite fille chérie.
Il
avait pris un air dur pour dire ça, mais je savais qu’il
plaisantait. Il adorait jouer les costauds. C’était un être doux
et gentil, même si je ne doutais pas qu’il ferait tout pour me
défendre en cas de besoin. C’était mon Panou,
et je l’adorais ! Il s’approcha de ma mère et l’enlaça
de ses bras pendant qu’elle remuait un truc dans une casserole. Ils
avaient toujours des gestes tendres l’un pour l’autre, et malgré
toutes leurs années de mariage, ils avaient encore l’air d’un
jeune couple.
-
Et toi alors, qu’as-tu fait de beau mon amour ? demanda-t-il à
ma mère.
-
Ho, journée éprouvante, des tas et des tas de paperasses à faire.
Parfois, travailler pour le gouvernement n’est vraiment pas une
chose facile !
Ma
mère travaillait pour une administration, mais je n’avais jamais
véritablement su ce qu’elle faisait. Pour moi, en gros elle
remplissait des papiers.
J’aidai
mon père à mettre la table, comme beaucoup de Français, nous
prenions toujours les repas ensemble à table. Ma mère disait que ça
renforçait les liens familiaux. Moi je trouvais ça cool, ça me
permettait de parler avec eux de mes problèmes, de mes envies, de ce
qu’il se passait dans ma vie et dans la leur par la même occasion.
-
Tiens, j’ai eu des nouvelles de Mamie, me dit ma mère. Elle était
en Crête et s'apprêtait à partir pour une île grecque dont j’ai
oublié le nom. Son voyage se passe bien, ils ont beau temps. Elle
m’a dit de t'embrasser.
J’avoue
que j’aurais dû prendre la nouvelle du bon côté, mais une espèce
de ressentiment envers ma grand-mère s’était insinué dans mon
être ! J’avais l’impression qu’elle m’abandonnait à
mon sort : moi je devais me dépatouiller avec l’enchanteur le
plus mauvais qui soit à notre époque et elle, elle se la coulait
douce au soleil ! C’était un peu fort ! Et si Jakob et
son oncle n’avaient pas été là ? Que serais-je devenue ?
Certes M. Springle était intervenu aussi, mais c’était quand
même Jak qui l’avait prévenu !
Cette
histoire m'énervait ! Puisque Mamie n’était pas là, et bien
c’est à lui que j'irai poser mes questions ! On verrait bien
ce qu’il aurait à me dire !
Je
finis de manger sans plus trop parler. Ça m’avait contrariée.
J’avais hâte de retourner dans ma chambre, j'espérais que Jakob
pourrait m’y retrouver.
-
Bon, je vous laisse, j’ai encore quelques devoirs à faire, et puis
je suis fatiguée, je ne vais pas tarder à me coucher.
-
Bonne nuit ma grande, me dit ma mère en m’embrassant. Ha !
autre chose, mamie a insisté pour que je te dise qu’elle était
fière de ton travail, et qu’elle ne doutait pas que tu réussirais.
Tiens,
ainsi elle était au courant de ce qu’il s’était passé.
-
OK, merci M'man.
-
Tu as l’air contrarié ma fille, quelque chose ne va pas entre ta
grand-mère et toi ?
-
Hein ? Non, non, tout va bien, c’est juste que je suis un peu
fatiguée.
Ma
mère fit une moue qui laissait penser qu’elle ne m’avait pas
crue, mais elle n’insista pas.
-
Bonne nuit poussin, m’embrassa mon père.
-
Bonne nuit P'pa.
Ça
m'embêtait de leur cacher la venue de Jak, j’avais horreur de leur
mentir, mais ils n’auraient pas compris. Notre relation était bien
trop récente à leurs yeux. En plus, comment leur expliquer qu’il
puisse venir par ailleurs que par la porte ? N’empêche, ça
me bouffait l’estomac !
-
Tu préfères que je ne vienne pas ?
-
Jak ?
-
Ben oui, qui veux-tu que ce soit d’autre ? S’esclaffa-t-il,
on est combien à te parler comme ça Miss Parker ? Tu me
ferais des infidélités ?
- Na !
Très rigolo et puis dis ! qu’est-ce que tu écoutes
aux portes toi ?
-
Ce n’est pas moi, c’est toi qui parles avec tes parents dans ma
tête ! Alors, tu veux toujours que je vienne ?
-
Oui, viens, s’il te plait, j’ai envie de t’avoir près de moi.
Tu as entendu pour ma grand-mère ?
-
Oui, c’est mon oncle qui a prévenu monsieur Springle qu’il te
donnait des cours, j’imagine que c’est lui qui aura prévenu ta
mamie.
-
Probablement.
-
Tu es dans ta chambre ?
-
Oui, c’est bon, viens j’ai fermé la porte.
Une
seconde plus tard, Jakob était là. Je le serrai contre moi, il me
bascula sur le lit en riant.
-
Chut, ne fais pas de bruit, parle à voix basse, mes parents sont en
bas, lui chuchotais-je
-
Si tu veux, je peux te parler uniquement de cette manière, en plus,
je peux t’embrasser en même temps, ce qui ne gâche rien au
plaisir.
-
Hum, tu as de bonnes idées Monsieur Watt. Faisons donc cela.
Nous
sommes restés trois bonnes heures à discuter et à plaisanter, puis
sans nous en rendre compte, nous nous sommes endormis l’un contre
l’autre.
C’est
mon réveil qui nous fit revenir à la réalité. Je me blottis une
dernière fois contre lui et l’embrassai.
-
Je crois qu’il faut que tu rentres mon chéri, je dois me lever
pour aller en cours.
-
Humm, oui, dit-il en s’étirant. On mange ensemble à midi ?
-
Oui, dis-je en l’embrassant à nouveau. Tu vas me manquer.
-
Je ne serais pas long, dit-il en me rendant mon baiser. À tout à
l’heure.
Il
agita sa baguette et disparut.
Bon,
encore une fois où j’allais être à la bourre ! Pas grave,
j’étais heureuse et seul cela comptait.
Bien
évidemment, j’avais à peine mis les fesses dans la voiture que
Lyne me demanda tous les détails. Je lui avais déjà, comme promis,
plus ou moins raconté par SMS la veille.
-
Quoi, vous avez encore passé la nuit ensemble ! S’écria
Lyne. Et tes parents n’ont rien vu ? C’est trop génial, si
je pouvais faire pareil. Lorsque mon père a vu la voiture de Spike,
il a piqué une crise. Il dit que c’est un clodo qui finira clodo.
Il le juge sans le connaître, ça m'énerve. Pourtant, c’est le
premier des gars avec qui je suis qui ne cherche pas à me sauter
dessus chaque fois que l’on se voit !
-
Ha bon ? Et vous n’avez pas...
-
Non, et cette fois, j’ai envie de prendre mon temps. Je crois que
je suis en train de tomber amoureuse.
-
Houa, moi j’ai vraiment de la peine à me contenir.
Lyne me
regarda en souriant.
-
C’est peut-être dû à ma transformation en enchanteresse.
-
Ou aux hormones qui s'emballent, rétorqua-t-elle avec un clin d’œil.
T’inquiète, lorsque ce sera le moment, tu le sauras. En plus, je
n’ai pas l’impression que Jakob se moque de toi.
-
Ho, non, il est si adorable. Pour tout t’avouer, c’est même lui
qui m’a retenue la première fois. J’avais fait la bêtise
d’enlever mon pendentif, et je lui ai littéralement sauté dessus.
-
He ben ! On dirait bien que l'ancienne Melly a disparu rit Lyne.
-
En bonne partie oui, affirmais-je, et je ne trouve pas ça plus mal,
enfin du moment que j’arrive à me contrôler !
Et
que Jak n’est pas mon frère, ne puis-je m’empêcher de penser.
Cette idée me contracta un peu l’estomac. J’avais hésité à en
parler à Lyne, mais j’avais besoin de confier mes doutes à
quelqu’un et donc je lui racontais.
-
Bah, ne t’en fais donc pas comme ça ! Si ça se trouve, c’est
simplement parce que vous êtes très amoureux. Je ne vois pas
comment vous pourriez être de la même famille ! Vous avez le
même âge, ton père est Américain ! Jakob italien non ?
-
Oui
- Ben
alors ! C’est impossible, je n’imagine pas Catherine
accoucher de jumeaux et en abandonner un à la naissance !
Non, ! Je connais trop bien ta mère, je n’y crois pas une
seconde !
-
Heu...
-
Quoi ?
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