Chapitre 22 - 2


Tu ne te souviens pas de lui ? Jaki, le petit voisin, tu as même prénommé le chien comme lui tellement tu étais triste quand...
  Elle ne finit pas sa phrase et éclata en sanglots.
  J’étais toute retournée, mon cœur battait à tout rompre, les images déferlaient dans mon esprit à la vitesse de la lumière. Je me rappelai à présent. Nous devions avoir dans les 3 ou 4 ans. Jakob et moi étions inséparables. Ses parents venaient en vacances juste à côté de chez nous. J’avais été bouleversée par leur disparition et l'absence de Jakob avait été si insupportable que j’avais préféré effacer ce pan de ma mémoire. Jakob me regardait à présent, lui aussi se souvenait.
  - Notre pacte Melly, celui de nous aimer pour toujours, c’était...
  - De la magie, Jak, oui, nous ne savions pas parfaitement ce que nous faisions, mais c’était bien un pacte magique. Nous avons scellé notre vie ensemble ce jour-là !
  Je m’en souvenais comme si c’était hier. Jakob était venu en courant jusque chez Mamie, il pleurait, il était affolé, ses parents parlaient d’un grand danger, disaient qu’il fallait qu’il partent, lui ne voulait pas me quitter ! Moi non plus, je refusai de le perdre, je l’aimai, de cet amour si innocent qui peut unir deux petits êtres. J’avais pris en cachette la baguette magique de Mamie, nous avions couru nous réfugier près d’un grand champ de blé, ce même champ où nous nous entraînions désormais. Là, nous avions fait le serment de nous aimer à jamais et de ne pas nous quitter. J’avais agité la baguette au-dessus de nos mains, une spirale de vapeur et de douces lumières nous avait enveloppés. Puis plus rien, le trou noir. C’est les cris de nos parents nous cherchant qui nous avaient tirés de notre sommeil magique. Je n’avais rien dit à personne. Mamie avait repris la baguette en nous trouvant, suspectant quelque chose, mais nous n’avions rien voulu dire. C’était la dernière fois où j’avais vu Jakob, il n’était plus jamais revenu. Et j’avais eu mal de son absence, mal à en mourir. Petit à petit je m’étais introvertie, m’enfermant dans mon monde, les rares amis que j’avais eus, je les avais gardés jusque-là : Lyne, Megan et Joshua.
  Je comprenais mieux à présent pourquoi Jakob et moi étions si... bon sang, rien que l’idée me dévastait !
  - Mamie, dis-je ébranlée par mes propres conclusions, il faut que je t’avoue quelque chose.
Je lui racontais tout de ces souvenirs.
  Elle hocha la tête.  
  - Non Melly, ce n’est pas la magie qui a créé votre amour. Vous vous aimiez et vous vous aimez encore pour de bon !
  Ouf, je respirai, il m’aurait été insupportable de savoir que Jakob ne m’aimait qu’à cause d’une formule magique !  
  - Par contre, ce que vous avez fait est très grave !
Je tressaillis.
  - Quoi ?
  - Un mariage magique ! La réunion de vos âmes ! C’est de la haute magie Melly, normalement impossible à réaliser par une petite fille. Il fallait que vous vous aimiez vraiment très fort, et que tu aies déjà de grands pouvoirs au plus profond de ton être pour que cela puisse fonctionner. Je comprends pourquoi vous vous êtes évanouis !
  - Mais est-ce grave ? Demandai-je craintive.
  - Oui ! Bien sûr ! Parce que si vous ne vous étiez pas retrouvés, vous n’auriez jamais réussi à être heureux avec quelqu’un d’autre ! Ce genre de décision n’est en principe prise que par des adultes, et beaucoup s’en tienne au mariage Mori standard !
  Mariée ! j’étais mariée !!! Je n’en croyais pas mes oreilles, c’était à la fois effrayant et grisant. Effrayant parce que  je n’avais que seize ans, et qu’en principe dans nos sociétés occidentales quand les filles de mon âge se marient, c’est qu’elles sont enceintes ou complètement inconscientes ! Et grisant parce que j’étais liée pour la vie avec Jakob, parce que l’homme que j’aimais était mon mari, il était à moi, j’étais à lui, notre amour était scellé, nos âmes unies.
  - Jusqu’à ce que la mort nous sépare mon amour lui dis-je en prenant sa main.
Il me sourit.
  - Oui, nous le sommes !
  - Non mes petits, pas pour la vie, pour l’éternité ! Rectifia ma grand-mère. Vous saisissez la gravité de votre acte ?
  Je hochais la tête euphorique, je m’en moquais, je l’aimais, et partager mon âme avec lui pour l’éternité m’allait très bien !
  - Voilà qui explique que Jakob puisse lire dans ton grimoire et que vous puissiez communiquer si facilement par la pensée !
  Houa, cette révélation m’enleva un poids de plus, Jakob n’était donc pas mon frère, c’était certain désormais !
  - Mon Dieu, je n'ose imaginer ce que diraient ton père et ta mère s’ils savaient ça ! Ajouta Mamie.
  - Je ne suis pas sûre qu’ils seraient aussi compréhensifs que toi ! m'esclaffais-je.
  - Ils seraient sûrement très en colère après moi ! C’est ma faute, je suis désolée, j’aurai dû veiller plus sur toi, ne pas laisser ma baguette à ta portée et...
  - Mamie... Jakob est la plus belle chose qu'il soit arrivé dans ma vie, et ce mariage est une bénédiction, je n’aurais pas souhaité autre chose !
  - Il en va de même pour moi, Madame ! Approuva Jakob à son tour.
  J’exultais, ses paroles me chavirèrent. Je me jetai à son cou, et l’embrassai fiévreusement. Mon homme, mon mari, mon âme sœur ! Pour nous au moins, ça ne devrait pas se solder par un divorce.
  - Bon sang ! Les parents de Jess !
  - Quoi les parents de Jessica ? Demanda Jakob étonné par ce changement soudain de conversation.
  - Ils sont en plein divorce ! Mamie, ne peut-on rien faire pour eux ? J’ai promis à mon amie de trouver une solution.
  Ma grand-mère fronça les sourcils.
  - Melly, tu sais bien que...
  - Je sais, pas de création d’amour véritable. Mais l’autre jour quand je feuilletais mon grimoire, il me semble bien être tombée sur une potion qui peut renforcer la fidélité, ou un truc dans ce genre, donc je me disais... pourquoi ne pas essayer ?
  Je leur racontais rapidement l’incartade du père de Jessica, la douleur de sa mère qui se répercutait sur ses filles, la destruction de leur famille.
  Mamie me regarda, elle ne paraissait pas enchantée de participer à ce tour de force que je lui proposais. Mais je savais qu’elle ne résisterait pas à mon regard de chien battu. Celui que j’utilisais malicieusement lorsque je voulais la faire céder sur une chose qui me tenait à cœur.
  - Bon, on peut tenter quelque chose, dit-elle, mais je ne te promets rien ! Pour que cela fonctionne, il faut absolument qu’il reste de l’amour entre eux, sinon, c’est peine perdue !
  Je hochais la tête en signe d’approbation.
  - Venez ! Dit-elle en entrant dans la maison.
  Nous la suivîmes. La fraîcheur des vieux murs de pierre et le peu de lumière qu’amenaient les petites fenêtres, contrastaient avec la chaleur et la luminosité extérieure. L’un derrière l’autre, nous marchions en silence, comme si cette procession avait quelque chose de religieux. Elle passa par la cuisine, puis franchit la porte qui menait à l’ancienne cave. Elle nous entraînait dans son antre ; SA pièce ! Celle où je n’avais pas le droit de pénétrer sans son autorisation.
  Elle claqua des doigts et une vingtaine de bougies s’allumèrent, projetant des ombres fantomatiques sur les étagères remplies de fioles en tout genre. Un chaudron en fonte était posé au centre. D’un nouveau claquement de doigts, elle alluma un feu dessous. Maintenant que je connaissais le monde magique, il ne m’était pas difficile de savoir que Mamie était spécialisée dans les potions ! Elle en avait autant que Don Sperotielli avait de livre.
  Elle ouvrit son grimoire, il était en tout point identique au mien. C’était celui dont elle m’avait assuré qu’il deviendrait à moi. J’en conclus que celui que j’avais dans la poche en était un double magique.
  Elle y inscrit une petite phrase dans la case de recherche. Les pages tournèrent à toute vitesse puis s'immobilisèrent. Elle lut un moment, puis se tourna vers moi.
  - Te voilà prête pour ta première leçon de potion. Tu te souviens de toutes les plantes que je t'emmenais chercher quand tu étais petite.  
  J'acquiesçai tout en me remémorant ces moments de joie avec Mamie.
  Et bien, cette fois, nous allons aller plus loin, que les quetouts ma Melly, dit-elle en me souriant. Tu vas fabriquer deux potions. Une qui annulera la crise de la quarantaine du père de ta copine et qui le rendra fidèle ; s’il aime encore sa femme, alors il retourna naturellement vers elle. Et une autre pour la mère de Jessica. Car avec ce qu’elle vient de vivre, il lui faudra aussi pardonner à son mari, et cela, sans qu’il reste une amertume qui nuirait à leur futur !
  Je jetai un rapide coup d’œil sur le grimoire.
  - Houa, ça a l’air compliqué !
  Jakob qui avait fait comme moi acquiesça à son tour.
  - Humm, j’ai l’impression que vous avez bien besoin d’apprendre cette matière mes petits. Est-ce que ça vous dirait que je vous l’enseigne régulièrement ?
  - C’est vrai que je n’ai jamais vraiment pratiqué l’art des potions, avoua Jakob, mon oncle ne s’entend pas trop à cette science, et ça serait avec plaisir que je l’étudierais.
  - Moi aussi, répondis-je enjouée.
  J’avais toujours aimé ça. Quand j’étais petite, je fabriquais des potions avec les herbes aromatiques de la cuisine, je les mélangeais avec de la lessive, des pâtes crues, ou du lait et j’imaginais toujours qu’elles avaient des pouvoirs magiques. Alors apprendre à en faire de véritables m’enchantait !  En plus, Jakob venait apprendre avec moi, c’était la cerise sur le gâteau. Et puis bon, je devais l’avouer, pour une fois qu’il n’était pas meilleur que moi en magie, j'espérais bien pouvoir le dépasser dans cette discipline. On avait de la chance, Mamie semblait être maîtresse en la matière.
  - On commence ? Demanda-t-elle.
  - Oui, m’exclamais-je, que faut-il que l’on fasse ?
  - Écartez-vous un peu, répondit-elle en nous repoussant derrière elle.
  Mamie fit tourbillonner sa baguette. Un vent circulaire emplit la pièce. Les bougies vacillèrent et lorsque la lumière réapparut, nous avions devant nous deux grands bureaux en bois surmontés d’un plateau en marbre blanc. Dessus étaient posés deux chaudrons qui nous attendaient. Un grand tableau d'école vert nous faisait face. Mamie avait transformé son antre en salle de classe ! Elle passa derrière son bureau de professeur et nous enjoint à nous asseoir.
  Houa, ça me faisait bizarre. Être en cours avec Mamie dans une pièce aux allures si étranges était à la fois grisant et perturbant.
  Mamie prit une craie et écrivit en gros au tableau : Philtre de Fidélité, philtre de réconfort amoureux.
  - Bon, comme je vous l’ai dit, ce philtre ne sera pas un simple philtre de fidélité, il devra aussi empêcher tous les sentiments d’angoisse liés à la crise de la quarantaine. Qui de vous deux peut me dire quelles plantes pourraient faire l’affaire ?
  Je levai la main d’un seul coup. Je bouillonnais, je me souvenais très bien, un jour nous étions au bord du ruisseau, et mamie m’avait demandé une plante, je la lui avais trouvée, et elle m’avait ensuite expliqué à quoi elle servait.
  - Oui Melly ?
  - L’arbre à fraise, l’Arbousier !
  Jakob me regarda avec de grands yeux, il semblait médusé par ma réponse.
  - Exact, il calme les angoisses et le stress et apaise les inquiétudes, il sera parfait pour nos deux cas. Allez donc en chercher dans cette vitrine, vous trouverez un petit flacon en contenant, dit-elle en nous montrant une étagère sur le bord de la salle. Il nous faudra aussi ces quelques autres ingrédients, ajouta-t-elle en inscrivant une liste au tableau.
  Nous y allâmes, les petites bouteilles s'étalaient sur l’étagère, quelques-unes poussiéreuses n’avaient pas du servir depuis longtemps,  mais toutes étaient extraordinairement attirantes. Verte, bleu, rose, acajou, moutarde, les couleurs et la substance de certaines m’auraient même été difficiles à définir. Sur plusieurs des têtes de mort étaient dessinées, ou des symboles de danger. Apparemment il convenait d’être très prudent dans leur dosage ou leur utilisation !
  Nous revînmes à nos places les bras chargés de petites fioles. Je n’aurais jamais cru qu’il nous en faudrait autant.
  - Pour faire un bon philtre, commença Mamie, il faut d’abord analyser dans son intégralité les problèmes à traiter ! Or, sur les deux cas que nous avons à résoudre, une grande partie est liée. Nous utiliserons donc une base commune aux deux philtres :
Arbousier bien sûr, comme l’a dit Melly, mais aussi :   aloès, magnolia et cumin pour faciliter les relations sentimentales
Basilic pour la protection de la maison et calmer les angoisses
Cannelle, cardamome, lavande, verveine, et rose pour favoriser l’amour et les relations sentimentales
Cèdre, pour la sagesse
Damiana, pour raviver les sentiments
Pervenche, pour protéger le mariage
Primevère, pour chasser la mélancolie, favoriser l’amour et le calme dans la maison
On ajoutera simplement de l’Armoise et de la Marguerite bleue, pour le philtre de fidélité.
  Lorsque Mamie prononçait leur nom, je prenais chaque petite bouteille en verre, les identifiais et les passais à Jak pour qu’il fasse de même.
  - Pour le philtre de réconfort et de « pardon » si je puis dire, il nous faudra :
Anémone, chardon bénit et iris pour tempérer les passions et calmer les chagrins d’amour
Argentine, pour la patience et la persévérance
Clou de girofle pour la jalousie
Fougère, pour attirer l’amour du sexe opposé
Gui, pour apporter la paix et le bonheur
Millefeuille, pour le courage.
  Bon, cela ne me semblait pas si compliqué, finalement. Un bon dictionnaire des plantes magiques et de leurs emplois doit probablement bien aider au départ ! Mais, ha ! Voilà les complications ! Je me disais bien aussi !
Mamie s'était mise à faire des schémas et à inscrire des tas de nouvelles choses au tableau. Puis se retourna vers nous et prit un air grave.
  - Bien sûr, vous n’allez pas mélanger ces produits n’importe comment ! L’art des potions réside aussi bien dans le choix des substances que dans les proportions à respecter. La manière de les préparer aura aussi toute son importance. Un philtre mal préparé pourra être désastreux : dans le meilleur des cas, (mais le plus rare), il n’aura aucun effet. Mais dans le pire, il entraînera d’horribles souffrances et la mort !
  J'avalais ma salive avec difficulté et regardais Jakob, il n’avait pas l’air plus à l’aise que moi. Je n’avais aucune envie de me transformer en meurtrière !
  - Heu, Mamie, peut-être serait-il plus sage que ce soit toi qui prépares les philtres ?
  - Ne t’inquiète pas ma puce. Je ne m’attendais pas à ce que vous réussissiez du premier coup. J’en préparerais un en même temps que vous, c’est celui-ci que nous utiliserons sur les parents de Jessica.
  Cela me soulagea sur l’instant et encore plus dans les minutes qui suivirent ! Ne pas se tromper sur le nombre de gouttes, de millilitres, mais aussi sur l’ordre dans lequel les substances devaient être intégrées à la potion, sur le sens de rotation du mélange et son nombre de tours ! Sans parler des différentes étapes de chauffes successives qui devaient apporter son lot de chaleur à notre préparation. Un coup augmenter le feu, un autre le baisser, cela m’avait bien fait révisé mes sorts sur la maîtrise des éléments ! Deux heures plus tard, j’étais en sueur, Jakob l’était tout autant, mais nous avions fini. Enfin, presque ! Sa potion était verte et pâteuse comme du Slime, la mienne rose et liquide ! Un de nous, voire les deux, avait faux !
  Mamie passa vers nous, elle regarda celle de Jakob.
  - Bon, de toute évidence, tu as oublié quelque chose mon garçon !
  Jakob se gratta la tête.
  - Je ne vois pas, il me semblait pourtant avoir suivi à la lettre les consignes, se défendit-il penaud.
  Mamie souleva un petit flacon.
  - La marguerite bleue ne doit pas être mise directement sur le cèdre, ça lui enlève ses propriétés et rend la potion instable. Ce n’est pas très grave, mais là, ta potion risque d’être bien inutile. Bon, passons à Melly.
  - Ho, bien ma petite, un tantinet rose pâle, il a dû manquer un peu de chauffe sur la fin, mais c’est déjà un très bon début ! Elle serait parfaitement utilisable.
  J’étais fière. Ma première véritable potion fonctionnerait. Jakob me prit dans ses bras et m’embrassa.
  - Je suis très fière de toi ma femme. Je savais que tu avais quelque chose de plus que les autres.
  Ummm, sa femme, ce mot avait à mes oreilles une tonalité des plus douces. Je l’embrassai tendrement.
  - Humm, humm.
  Mamie nous rappelait à la réalité.
  - Voilà deux flacons, le bleu pour le père, de Jessica, le rose pour sa mère. Il faudrait leur vaporiser dessus. As-tu une idée sur la façon de t’y prendre ?
  - Oui, ça, je suis sûre que j’y arriverai.
  - Parfait ! Alors, rentrez vite, chez toi il est déjà dix-neuf heure, tes parents doivent être revenus du travail.
  - Attends, quand est-ce qu’on se revoit ?
  - Quand vous voulez !
  -  Exceptionnellement aujourd’hui, je ne suis pas allée chez l’oncle Bruno pour étudier, mais on pourrait programmer ça chaque jeudi par exemple ? il nous resterait les samedis et dimanches de libres pour la pratique des sortilèges. Qu’en penses-tu Jak ?
  - Pour moi ça va, de toute façon, j’avais mis mes cours de carrosserie magique les jours où tu vas chez mon oncle, donc aucun problème !
  - Et toi Mamie ?
  - De mon côté, c’est parfait ! Ça me laissera le temps de me balader avec mes copines, et de m’occuper de mes patients. Et, continua-t-elle en prenant un air mystérieux, je me demande si en même temps... Non, je ne vous en dis pas plus. Allez sauvez vous vite.  
  Je l’embrassais une dernière fois, j’étais heureuse, sa présence me faisait du bien, désormais je pouvais compter sur elle. Une petite caresse à mon vieux Jakie qui était venu me lécher la main et nous disparûmes dans un tourbillon.

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