Tu ne te
souviens pas de lui ? Jaki, le petit voisin, tu as même
prénommé le chien comme lui tellement tu étais triste quand...
Elle
ne finit pas sa phrase et éclata en sanglots.
J’étais
toute retournée, mon cœur battait à tout rompre, les images
déferlaient dans mon esprit à la vitesse de la lumière. Je me
rappelai à présent. Nous devions avoir dans les 3 ou 4 ans. Jakob
et moi étions inséparables. Ses parents venaient en vacances juste
à côté de chez nous. J’avais été bouleversée par leur
disparition et l'absence de Jakob avait été si insupportable que
j’avais préféré effacer ce pan de ma mémoire. Jakob me
regardait à présent, lui aussi se souvenait.
-
Notre pacte Melly, celui de nous aimer pour toujours, c’était...
-
De la magie, Jak, oui, nous ne savions pas parfaitement ce que nous
faisions, mais c’était bien un pacte magique. Nous avons scellé
notre vie ensemble ce jour-là !
Je
m’en souvenais comme si c’était hier. Jakob était venu en
courant jusque chez Mamie, il pleurait, il était affolé, ses
parents parlaient d’un grand danger, disaient qu’il fallait qu’il
partent, lui ne voulait pas me quitter ! Moi non plus, je
refusai de le perdre, je l’aimai, de cet amour si innocent qui peut
unir deux petits êtres. J’avais pris en cachette la baguette
magique de Mamie, nous avions couru nous réfugier près d’un grand
champ de blé, ce même champ où nous nous entraînions désormais.
Là, nous avions fait le serment de nous aimer à jamais et de ne pas
nous quitter. J’avais agité la baguette au-dessus de nos mains,
une spirale de vapeur et de douces lumières nous avait enveloppés.
Puis plus rien, le trou noir. C’est les cris de nos parents nous
cherchant qui nous avaient tirés de notre sommeil magique. Je
n’avais rien dit à personne. Mamie avait repris la baguette en
nous trouvant, suspectant quelque chose, mais nous n’avions rien
voulu dire. C’était la dernière fois où j’avais vu Jakob, il
n’était plus jamais revenu. Et j’avais eu mal de son absence,
mal à en mourir. Petit à petit je m’étais introvertie,
m’enfermant dans mon monde, les rares amis que j’avais eus, je
les avais gardés jusque-là : Lyne, Megan et Joshua.
Je
comprenais mieux à présent pourquoi Jakob et moi étions si... bon
sang, rien que l’idée me dévastait !
-
Mamie, dis-je ébranlée par mes propres conclusions, il faut que je
t’avoue quelque chose.
Je lui
racontais tout de ces souvenirs.
Elle
hocha la tête.
-
Non Melly, ce n’est pas la magie qui a créé votre amour. Vous
vous aimiez et vous vous aimez encore pour de bon !
Ouf,
je respirai, il m’aurait été insupportable de savoir que Jakob ne
m’aimait qu’à cause d’une formule magique !
-
Par contre, ce que vous avez fait est très grave !
Je
tressaillis.
-
Quoi ?
-
Un mariage magique ! La réunion de vos âmes ! C’est de
la haute magie Melly, normalement impossible à réaliser par une
petite fille. Il fallait que vous vous aimiez vraiment très fort, et
que tu aies déjà de grands pouvoirs au plus profond de ton être
pour que cela puisse fonctionner. Je comprends pourquoi vous vous
êtes évanouis !
-
Mais est-ce grave ? Demandai-je craintive.
-
Oui ! Bien sûr ! Parce que si vous ne vous étiez pas
retrouvés, vous n’auriez jamais réussi à être heureux avec
quelqu’un d’autre ! Ce genre de décision n’est en
principe prise que par des adultes, et beaucoup s’en tienne au
mariage Mori standard !
Mariée !
j’étais mariée !!! Je n’en croyais pas mes oreilles,
c’était à la fois effrayant et grisant. Effrayant parce que je
n’avais que seize ans, et qu’en principe dans nos sociétés
occidentales quand les filles de mon âge se marient, c’est
qu’elles sont enceintes ou complètement inconscientes ! Et
grisant parce que j’étais liée pour la vie avec Jakob, parce que
l’homme que j’aimais était mon mari, il était à moi, j’étais
à lui, notre amour était scellé, nos âmes unies.
-
Jusqu’à ce que la mort nous sépare mon amour lui dis-je en
prenant sa main.
Il me
sourit.
-
Oui, nous le sommes !
-
Non mes petits, pas pour la vie, pour l’éternité ! Rectifia
ma grand-mère. Vous saisissez la gravité de votre acte ?
Je
hochais la tête euphorique, je m’en moquais, je l’aimais, et
partager mon âme avec lui pour l’éternité m’allait très
bien !
-
Voilà qui explique que Jakob puisse lire dans ton grimoire et que
vous puissiez communiquer si facilement par la pensée !
Houa,
cette révélation m’enleva un poids de plus, Jakob n’était donc
pas mon frère, c’était certain désormais !
-
Mon Dieu, je n'ose imaginer ce que diraient ton père et ta mère
s’ils savaient ça ! Ajouta Mamie.
-
Je ne suis pas sûre qu’ils seraient aussi compréhensifs que toi !
m'esclaffais-je.
-
Ils seraient sûrement très en colère après moi ! C’est ma
faute, je suis désolée, j’aurai dû veiller plus sur toi, ne pas
laisser ma baguette à ta portée et...
-
Mamie... Jakob est la plus belle chose qu'il soit arrivé dans ma
vie, et ce mariage est une bénédiction, je n’aurais pas souhaité
autre chose !
-
Il en va de même pour moi, Madame ! Approuva Jakob à son tour.
J’exultais,
ses paroles me chavirèrent. Je me jetai à son cou, et l’embrassai
fiévreusement. Mon homme, mon mari, mon âme sœur ! Pour nous
au moins, ça ne devrait pas se solder par un divorce.
-
Bon sang ! Les parents de Jess !
-
Quoi les parents de Jessica ? Demanda Jakob étonné par ce
changement soudain de conversation.
-
Ils sont en plein divorce ! Mamie, ne peut-on rien faire pour
eux ? J’ai promis à mon amie de trouver une solution.
Ma
grand-mère fronça les sourcils.
-
Melly, tu sais bien que...
-
Je sais, pas de création d’amour véritable. Mais l’autre jour
quand je feuilletais mon grimoire, il me semble bien être tombée
sur une potion qui peut renforcer la fidélité, ou un truc dans ce
genre, donc je me disais... pourquoi ne pas essayer ?
Je
leur racontais rapidement l’incartade du père de Jessica, la
douleur de sa mère qui se répercutait sur ses filles, la
destruction de leur famille.
Mamie
me regarda, elle ne paraissait pas enchantée de participer à ce
tour de force que je lui proposais. Mais je savais qu’elle ne
résisterait pas à mon regard de chien battu. Celui que j’utilisais
malicieusement lorsque je voulais la faire céder sur une chose qui
me tenait à cœur.
-
Bon, on peut tenter quelque chose, dit-elle, mais je ne te promets
rien ! Pour que cela fonctionne, il faut absolument qu’il
reste de l’amour entre eux, sinon, c’est peine perdue !
Je
hochais la tête en signe d’approbation.
-
Venez ! Dit-elle en entrant dans la maison.
Nous
la suivîmes. La fraîcheur des vieux murs de pierre et le peu de
lumière qu’amenaient les petites fenêtres, contrastaient avec la
chaleur et la luminosité extérieure. L’un derrière l’autre,
nous marchions en silence, comme si cette procession avait quelque
chose de religieux. Elle passa par la cuisine, puis franchit la porte
qui menait à l’ancienne cave. Elle nous entraînait dans son antre
; SA pièce ! Celle où je n’avais pas le droit de pénétrer
sans son autorisation.
Elle
claqua des doigts et une vingtaine de bougies s’allumèrent,
projetant des ombres fantomatiques sur les étagères remplies de
fioles en tout genre. Un chaudron en fonte était posé au centre.
D’un nouveau claquement de doigts, elle alluma un feu dessous.
Maintenant que je connaissais le monde magique, il ne m’était pas
difficile de savoir que Mamie était spécialisée dans les potions !
Elle en avait autant que Don Sperotielli avait de livre.
Elle
ouvrit son grimoire, il était en tout point identique au mien.
C’était celui dont elle m’avait assuré qu’il deviendrait à
moi. J’en conclus que celui que j’avais dans la poche en était
un double magique.
Elle
y inscrit une petite phrase dans la case de recherche. Les pages
tournèrent à toute vitesse puis s'immobilisèrent. Elle lut un
moment, puis se tourna vers moi.
-
Te voilà prête pour ta première leçon de potion. Tu te souviens
de toutes les plantes que je t'emmenais chercher quand tu étais
petite.
J'acquiesçai
tout en me remémorant ces moments de joie avec Mamie.
Et
bien, cette fois, nous allons aller plus loin, que les quetouts ma
Melly, dit-elle en me souriant. Tu vas fabriquer deux potions. Une
qui annulera la crise de la quarantaine du père de ta copine et qui
le rendra fidèle ; s’il aime encore sa femme, alors il retourna
naturellement vers elle. Et une autre pour la mère de Jessica. Car
avec ce qu’elle vient de vivre, il lui faudra aussi pardonner à
son mari, et cela, sans qu’il reste une amertume qui nuirait à
leur futur !
Je
jetai un rapide coup d’œil sur le grimoire.
-
Houa, ça a l’air compliqué !
Jakob
qui avait fait comme moi acquiesça à son tour.
-
Humm, j’ai l’impression que vous avez bien besoin d’apprendre
cette matière mes petits. Est-ce que ça vous dirait que je vous
l’enseigne régulièrement ?
-
C’est vrai que je n’ai jamais vraiment pratiqué l’art des
potions, avoua Jakob, mon oncle ne s’entend pas trop à cette
science, et ça serait avec plaisir que je l’étudierais.
-
Moi aussi, répondis-je enjouée.
J’avais
toujours aimé ça. Quand j’étais petite, je fabriquais des
potions avec les herbes aromatiques de la cuisine, je les mélangeais
avec de la lessive, des pâtes crues, ou du lait et j’imaginais
toujours qu’elles avaient des pouvoirs magiques. Alors apprendre à
en faire de véritables m’enchantait ! En plus,
Jakob venait apprendre avec moi, c’était la cerise sur le gâteau.
Et puis bon, je devais l’avouer, pour une fois qu’il n’était
pas meilleur que moi en magie, j'espérais bien pouvoir le dépasser
dans cette discipline. On avait de la chance, Mamie semblait être
maîtresse en la matière.
-
On commence ? Demanda-t-elle.
-
Oui, m’exclamais-je, que faut-il que l’on fasse ?
-
Écartez-vous un peu, répondit-elle en nous repoussant derrière
elle.
Mamie
fit tourbillonner sa baguette. Un vent circulaire emplit la pièce.
Les bougies vacillèrent et lorsque la lumière réapparut, nous
avions devant nous deux grands bureaux en bois surmontés d’un
plateau en marbre blanc. Dessus étaient posés deux chaudrons qui
nous attendaient. Un grand tableau d'école vert nous faisait face.
Mamie avait transformé son antre en salle de classe ! Elle
passa derrière son bureau de professeur et nous enjoint à nous
asseoir.
Houa,
ça me faisait bizarre. Être en cours avec Mamie dans une pièce aux
allures si étranges était à la fois grisant
et perturbant.
Mamie
prit une craie et écrivit en gros au tableau : Philtre de
Fidélité, philtre de réconfort amoureux.
-
Bon, comme je vous l’ai dit, ce philtre ne sera pas un simple
philtre de fidélité, il devra aussi empêcher tous les sentiments
d’angoisse liés à la crise de la quarantaine. Qui de vous deux
peut me dire quelles plantes pourraient faire l’affaire ?
Je
levai la main d’un seul coup. Je bouillonnais, je me souvenais très
bien, un jour nous étions au bord du ruisseau, et mamie m’avait
demandé une plante, je la lui avais trouvée, et elle m’avait
ensuite expliqué à quoi elle servait.
-
Oui Melly ?
-
L’arbre à fraise, l’Arbousier !
Jakob
me regarda avec de grands yeux, il semblait médusé par ma réponse.
-
Exact, il calme les angoisses et le stress et apaise les inquiétudes,
il sera parfait pour nos deux cas. Allez donc en chercher dans cette
vitrine, vous trouverez un petit flacon en contenant, dit-elle en
nous montrant une étagère sur le bord de la salle. Il nous faudra
aussi ces quelques autres ingrédients, ajouta-t-elle en inscrivant
une liste au tableau.
Nous
y allâmes, les petites bouteilles s'étalaient sur l’étagère,
quelques-unes poussiéreuses n’avaient pas du servir depuis
longtemps, mais toutes étaient extraordinairement
attirantes. Verte, bleu, rose, acajou, moutarde, les couleurs et la
substance de certaines m’auraient même été difficiles à
définir. Sur plusieurs des têtes de mort étaient dessinées, ou
des symboles de danger. Apparemment il convenait d’être très
prudent dans leur dosage ou leur utilisation !
Nous
revînmes à nos places les bras chargés de petites fioles. Je
n’aurais jamais cru qu’il nous en faudrait autant.
-
Pour faire un bon philtre, commença Mamie, il faut d’abord
analyser dans son intégralité les problèmes à traiter ! Or,
sur les deux cas que nous avons à résoudre, une grande partie est
liée. Nous utiliserons donc une base commune aux deux philtres :
Arbousier
bien sûr, comme l’a dit Melly, mais aussi :
aloès, magnolia et cumin pour faciliter les relations sentimentales
Basilic
pour la protection de la maison et calmer les angoisses
Cannelle,
cardamome, lavande, verveine, et rose pour favoriser l’amour et les
relations sentimentales
Cèdre,
pour la sagesse
Damiana,
pour raviver les sentiments
Pervenche,
pour protéger le mariage
Primevère,
pour chasser la mélancolie, favoriser l’amour et le calme dans la
maison
On
ajoutera simplement de l’Armoise et de la Marguerite bleue, pour le
philtre de fidélité.
Lorsque
Mamie prononçait leur nom, je prenais chaque petite bouteille en
verre, les identifiais et les passais à Jak pour qu’il fasse de
même.
-
Pour le philtre de réconfort et de « pardon » si je puis dire, il
nous faudra :
Anémone,
chardon bénit et iris pour tempérer les passions et calmer les
chagrins d’amour
Argentine,
pour la patience et la persévérance
Clou de
girofle pour la jalousie
Fougère,
pour attirer l’amour du sexe opposé
Gui,
pour apporter la paix et le bonheur
Millefeuille,
pour le courage.
Bon,
cela ne me semblait pas si compliqué, finalement. Un bon
dictionnaire des plantes magiques et de leurs emplois doit
probablement bien aider au départ ! Mais, ha ! Voilà les
complications ! Je me disais bien aussi !
Mamie
s'était mise à faire des schémas et à inscrire des tas de
nouvelles choses au tableau. Puis se retourna vers nous et prit un
air grave.
-
Bien sûr, vous n’allez pas mélanger ces produits n’importe
comment ! L’art des potions réside aussi bien dans le choix
des substances que dans les proportions à respecter. La manière de
les préparer aura aussi toute son importance. Un philtre mal préparé
pourra être désastreux : dans le meilleur des cas, (mais le
plus rare), il n’aura aucun effet. Mais dans le pire, il entraînera
d’horribles souffrances et la mort !
J'avalais
ma salive avec difficulté et regardais Jakob, il n’avait pas l’air
plus à l’aise que moi. Je n’avais aucune envie de me transformer
en meurtrière !
-
Heu, Mamie, peut-être serait-il plus sage que ce soit toi qui
prépares les philtres ?
-
Ne t’inquiète pas ma puce. Je ne m’attendais pas à ce que vous
réussissiez du premier coup. J’en préparerais un en même temps
que vous, c’est celui-ci que nous utiliserons sur les parents de
Jessica.
Cela
me soulagea sur l’instant et encore plus dans les minutes qui
suivirent ! Ne pas se tromper sur le nombre de gouttes, de
millilitres, mais aussi sur l’ordre dans lequel les substances
devaient être intégrées à la potion, sur le sens de rotation du
mélange et son nombre de tours ! Sans parler des différentes
étapes de chauffes successives qui devaient apporter son lot de
chaleur à notre préparation. Un coup augmenter le feu, un autre le
baisser, cela m’avait bien fait révisé mes sorts sur la maîtrise
des éléments ! Deux heures plus tard, j’étais en sueur,
Jakob l’était tout autant, mais nous avions fini. Enfin, presque !
Sa potion était verte et pâteuse comme du Slime, la mienne rose et
liquide ! Un de nous, voire les deux, avait faux !
Mamie
passa vers nous, elle regarda celle de Jakob.
-
Bon, de toute évidence, tu as oublié quelque chose mon garçon !
Jakob
se gratta la tête.
-
Je ne vois pas, il me semblait pourtant avoir suivi à la lettre les
consignes, se défendit-il penaud.
Mamie
souleva un petit flacon.
-
La marguerite bleue ne doit pas être mise directement sur le cèdre,
ça lui enlève ses propriétés et rend la potion instable. Ce n’est
pas très grave, mais là, ta potion risque d’être bien inutile.
Bon, passons à Melly.
-
Ho, bien ma petite, un tantinet rose pâle, il a dû manquer un peu
de chauffe sur la fin, mais c’est déjà un très bon début !
Elle serait parfaitement utilisable.
J’étais
fière. Ma première véritable potion fonctionnerait. Jakob me prit
dans ses bras et m’embrassa.
-
Je suis très fière de toi ma femme. Je savais que tu avais quelque
chose de plus que les autres.
Ummm,
sa femme, ce mot avait à mes oreilles une tonalité des plus douces.
Je l’embrassai tendrement.
-
Humm, humm.
Mamie
nous rappelait à la réalité.
-
Voilà deux flacons, le bleu pour le père, de Jessica, le rose pour
sa mère. Il faudrait leur vaporiser dessus. As-tu une idée sur la
façon de t’y prendre ?
-
Oui, ça, je suis sûre que j’y arriverai.
-
Parfait ! Alors, rentrez vite, chez toi il est déjà dix-neuf
heure, tes parents doivent être revenus du travail.
-
Attends, quand est-ce qu’on se revoit ?
-
Quand vous voulez !
- Exceptionnellement
aujourd’hui, je ne suis pas allée chez l’oncle Bruno pour
étudier, mais on pourrait programmer ça chaque jeudi par exemple ?
il nous resterait les samedis et dimanches de libres pour la pratique
des sortilèges. Qu’en penses-tu Jak ?
-
Pour moi ça va, de toute façon, j’avais mis mes cours de
carrosserie magique les jours où tu vas chez mon oncle, donc aucun
problème !
-
Et toi Mamie ?
-
De mon côté, c’est parfait ! Ça me laissera le temps de me
balader avec mes copines, et de m’occuper de mes patients. Et,
continua-t-elle en prenant un air mystérieux, je me demande si en
même temps... Non, je ne vous en dis pas plus. Allez sauvez vous
vite.
Je
l’embrassais une dernière fois, j’étais heureuse, sa présence
me faisait du bien, désormais je pouvais compter sur elle. Une
petite caresse à mon vieux Jakie qui était venu me lécher la main
et nous disparûmes dans un tourbillon.
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