Chapitre 24 Surprise !


Chapitre 24 Surprise !

Lem

  - Je vais tenter de lire dans ses pensées et si cela ne suffit pas, je me rendrais invisible et la suivrais jusqu’à son boulot !
  Jakob approuva de la tête. J’inscrivis à nouveau ma recherche et mon grimoire immobilisa les bonnes pages.
  Ouvrir la main vers la personne visée, et prononçais “uel men
  Bon ! Ça n’avait pas l’air compliqué. Aucune contre-indication inscrite. Je ne risquai pas grand-chose.
  - Il faut t'entraîner, demain, tu n’auras peut-être pas le temps de le faire, autant être prête dès maintenant !
  - Oui, mais comment ? Je ne peux pas le faire sur toi, je lis déjà dans ton cerveau comme dans un livre ouvert ! Dis-je en éclatant de rire.
  - Allons dans la rue, prenons le premier passant venu et testons !
  - T’es fou, t’as vu l’heure ? Sortir si tard, ça craint !
  - Alors essaie directement sur tes parents ! Ils ne couchent pas loin non ?
  - Au travers des murs ???
  - Ben oui, pourquoi pas ?
  - Bon ! Après tout, je tente, on verra bien !
  Je n’y croyais pas vraiment, mais je tendis tout de même la main devant moi et prononçai la formule magique. Au premier abord, je n'eus rien d’autre que des grésillements flous. Un peu comme lorsque l’on règle un vieux poste radio : quelques bribes de paroles incompréhensibles et lointaines, puis j’orientai différemment ma main et là, comme s’ils parlaient dans ma tête, j’entendis mes parents tour à tour aussi clairement que s’ils me faisaient face. Je la retirai aussitôt comme dans un mouvement de brûlure.
  - Que se passe-t-il ? Tu les as entendus ?
  - Ho que oui !!! Répondis-je toute rouge. Mais bon sang ! Ce qu’ils disaient ne me concernait absolument pas !!! Ils sont en train de faire l’amour !
Jakob éclata de rire, moi, je me sentais honteuse d’avoir percé leurs pensées intimes du moment. J’avais beau avoir conscience et espérer pour eux, que mes parents aient une vie sexuelle des plus épanouies, il n’en demeurait pas moins que je n’en voulais surtout aucun détail !
  -  Au moins, ça marche ! S'esclaffa Jak
  - Ha ça, c’est sûr ! Confirmais-je encore toute gênée.
  Les deux seuls points positifs à ce voyeurisme involontaire étaient : que je savais pouvoir utiliser facilement le sortilège et que mes parents, au vu des pensées qu’ils avaient l’un pour l'autre ne risquaient pas de se séparer ! Leur amour était beau et rassurant. Ma mère semblait pleinement absorbée et détendue par ce qu’elle faisait, ce qui me laissa penser que ses soucis au travail ne devaient finalement pas être si obnubilants que ça ! Cela chassa pour l’instant l’inquiétude que j’avais eue. Je ne renonçais tout de même pas à éclaircir ce mystère, mais il attendrait bien demain ! Pour l’instant, j’allais me consacrer à ma nuit et à l’homme qui la partageait avec moi : mon mari depuis presque treize ans ! Ce simple fait leva en moi toutes les inhibitions que j’avais pu avoir jusque-là. Je n’avais plus peur, j’étais libre de l’aimer physiquement.
  Je n’eus pas longtemps à attendre, Jakob qui avait suivi le cours de mes pensées me prit dans ses bras avec un air de triomphe. Il m’embrassa, je lui rendis son baiser avec passion. Mes mains soulevèrent son T-shirt et cette fois le lui ôtaient. Je me lovai contre son torse. Il était beau, il était doux. La moindre de ses caresses me transportait, les miennes le rendaient ivre de plaisir, et sublimaient mes sens. Nos doigts, nos bouches, nos lèvres parcouraient nos corps, les explorant, découvrant et redécouvrant de nouvelles zones de plaisir inexplorées. Pas un seul centimètre carré de notre peau ne cherchait pas sa similitude chez l’autre, nous nous entremêlions pour finalement nous rejoindre et ne faire plus qu’un. Il m’aima de ton son être, je l’aimai à en perdre haleine. Nous nous endormîmes que beaucoup plus tard heureux et repus pour un instant.
  Le lendemain arriva bien vite. Beaucoup trop vite à mon goût d'ailleurs. J’avais l’impression de n’avoir dormi qu’une toute petite partie de la nuit. Ce qui n’était pas véritablement faux pour être exact. J’avais très envie de raconter ma première fois à Lyne, et en même temps très envie de la garder pour moi. C’était mon moment. Ou plutôt notre moment. De toute façon, ma première fois ! Pour Jakob, je n’étais pas la première. Il avait déjà eu des expériences avec d’autres. Enfin, une autre, pour être précise ! Une ex dont il m’avait vaguement parlé. Une Italienne, Sylvia, Sonia, ou je ne sais quoi. Une Mori un peu plus âgée que nous. Je crois qu’elle avait presque dix-neuf ans. Il me l’avait montrée en photo sur son portable, elle était vraiment très, très belle ! Brune, le teint mat, un sourire ravageur, des seins comme des obus. J’étais bien contente qu’elle soit si loin celle-là, je ne me sentais pas du tout à la hauteur pour rivaliser ! Il l’avait rencontrée quelques mois avant de revenir ici. Elle était dans son ancien lycée. Ils étaient sortis ensemble quelques semaines. Puis avaient rompu lorsqu’il était venu ici. C’était elle qui l’avait initié aux plaisirs de la chair. Apparemment, elle savait s’y prendre ! J'espérais que Jakob ne m’avait pas trouvée trop gauche cette nuit. Je sais bien que la première fois c’est rarement génial, pourtant moi j’avais trouvé ça extraordinaire. Enfin, pour l’instant, j’avais d’autres problèmes à résoudre :
Un, découvrir ce que cache ma mère. Deux, réconcilier les parents de Jessica !
  Cette journée risquait d’être bien chargée.
  Jakob prit sa douche avec moi. Par la promiscuité du local et le côté sensuel des massages sous l’eau nous fûmes bien tentés par un petit câlin rapide. Mais le temps nous manquait véritablement, surtout que je n’avais pas prévenu Lyne ! Elle allait venir me chercher comme d’habitude. Nous ne traînâmes donc pas. J’enfilai un pantalon en vitesse, un petit bustier sympa et nous nous précipitâmes à la cuisine. Là, surprise ! Ma mère était déjà partie. La cause : une réunion urgente et impromptue m’expliqua papa. J’en profitai pour jeter un œil dans ses pensées, aucun problème là-dessus, mon père n’en savait pas plus que moi. Bon, l’organisation de ma journée semblait changée, je m’occuperais en premier des parents de Jess et de ma mère ensuite. Si j’arrivais à l'intercepter juste au sortir du boulot, elle aurait sûrement encore la tête pleine de ses problèmes, il me serait donc aisé de savoir de quoi il retournait. Forte de cette certitude, j'engouffrai mes céréales, embrassai mon père, et entraînai Jak à ma suite avant qu’il n’entame ensemble une de leurs longues discussions sur les voitures.
  Lorsque nous passâmes la porte, Lyne m’attendait déjà dans sa coccinelle. Elle ouvrit de grands yeux et resta ébahie de nous voir sortir tous les deux de la maison. J’embrassai mon mari et le laissai partir seul dans sa Camaro. Mon Mari ! Cela me faisait toujours bizarre et plaisir de l’appeler ainsi.
  - Mellyyyyyy !!!!! Couina Lyne avec un sourire jusqu’aux oreilles. Ne me dis pas que… ho, si, dis-moi tout ! Ça y est, tu l’as fait ???!! S’extasiait-elle en claquant des mains.
  Je rougis. Et hochai la tête. Décidément, je ne pourrais rien lui cacher !
  - Alors, raconte, comment ça s’est passé ? Tes parents ? Tout ça, ta mère a pas pété les plombs ? Puis avec un clin d’œil complice : alors, c’était bien ?
  - Génial ! Dis-je en rougissant de plus belle avec un sourire qui ne pouvait pas me laisser mentir sur mon état de pleine satisfaction.
  Je lui racontais donc dans les grandes lignes mon lundi après-midi, ma visite chez mamie, ma décision de passer la nuit avec Jakob, le serment magique que l’on avait fait.
  - Ho bon sang, mariés à quatre ans !!! C’est complètement dingue !!!
  Lyne n’en revenait pas.
  - C’est fou!... S’écriait-elle, je te dis que c’est fou ! Je te connaissais pourtant déjà à l’époque, et pourtant ce n’est pas un truc qui m’a marquée ! Je n’ai aucun souvenir de toi pleurant un garçon. Et vous êtes véritablement liés pour la vie alors ?
  - Oui, affirmais-je enjouée, et même plus, pour l’éternité !
  - Putain, j’en reviens pas ! S’exclama Lyne.
  Ce n’était pas dans ses habitudes d’être vulgaire, mais là je crois que la surprise était de taille. Elle mit son clignotant, se gara rapidement dans une place de parking laissée libre et me prit dans ses bras.
  - Ma Lylie, que j’aime, comme je suis contente pour toi.  En te voyant sortir de la maison avec Jak, je croyais que tu avais juste franchi le pas de ta première fois, mais non ! Toi qui désespérais de trouver un garçon qui s'intéresse à toi, te voilà mariée !
  Une larme s’écrasa sur sa joue.
  -  Je regretterai qu’une chose, poursuivit-elle, ne pas pouvoir être un jour ta demoiselle d’honneur.
  - Ho, rien n’est perdu de ce côté-là, je compte toujours sur toi ! Même si nous nous sommes unis de façon magique, je prévois bien de me marier aussi de façon légale !
  Lyne me serra de plus belle contre elle. Elle sécha une nouvelle larme et reprit la route.
  - Allez, en route, sinon nous allons être en retard.
  - Heu, sur ce point-là... commençai-je gênée, tu...
  - N’en parle à personne, comme d’hab, finit-elle avec un clin d’œil.
  - Oui, mes parents ne sont bien entendus pas au courant.
  - Tu comptes le leur dire ?
  - Non, t’es folle ! J’imagine bien leurs têtes en apprenant ça !
  - Oui, je peux comprendre !
  - Et toi ? Les relations avec eux, ça va mieux ?
  Lyne fit la grimace.
  - Mon père a encore du mal à accepter Spike, je ne peux toujours pas lui en parler, mais au moins, il ne m’interdit pas de le voir. Je crois qu’il espère que ça ne durera pas, tout simplement. Si je pouvais lui jeter un petit sortilège pour le rendre plus gentil avec lui, je ne me gênerais pas ! Dit-elle en cachant à peine sa demande.
  - Je ne crois pas que ce soit si simple, répondis-je, mais je jetterai un œil si tu y tiens, ajoutai-je sans trop de conviction.
  Lyne se contenta de hocher la tête, je la sentis d’un coup partir dans ses pensées. Il m’aurait été aisé de la suivre dans son esprit, mais je m’y refusai. Tant que la situation ne me paraîtrait pas insoluble autrement. D’autant que j’avais déjà deux problèmes à résoudre pour l’instant, le plus pressé étant les parents de Jessica.
  Je ne savais d’ailleurs même pas comment j’allais lui présenter la chose. J’avais bien prévu d’administrer les philtres à ses parents sans qu’ils s’en aperçoivent. C’était facile, je me rendais invisible, une petite téléportation chez eux et hop, je les vaporisais des deux fioles. Mais Jess ? Comme lui dire ? Il m’était impossible de lui dire la vérité ! Et elle ne manquerait pas de me demander des explications.
  - J’ai une solution, me souffla Jak au creux du cerveau.
  - Ho, Jak, tu m’espionnais une fois de plus ?
  - Quoi ? Mais non, c’est toi qui cries dans mon esprit.
  - Houps, pardon, j’avais oublié de fermer notre accès.
  - En même temps, je te préfère ouverte, s'esclaffa Jakob
  - Très fin !  Bon, passons, quel est ton plan ?
  - On fait comme tu as dit, sauf que je viens avec toi, et que je leur modifie la réalité, j'insuffle dans leur souvenir le fait que tu as parlé avec eux, les résonnant sur leurs choix à faire ! Qu’en penses-tu ?
  - Pas très réaliste, pourquoi deux personnes qui veulent divorcer écouteraient une gamine de 16 ans qu’ils connaissent à peine ?
  - Je ne sais pas ! Mais t’as mieux à proposer ?
  Je devais bien admettre que non. Pourtant , cette solution ne me plaisait pas.
  - Laissons-nous jusqu’à midi, on avisera ensuite.
  - OK. Vous êtes encore loin ? demanda Jak.
  - Non, on se gare.

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