Chapitre 29
Un nouvel espoir
Io neuo espa
- Je ne suis pas un lâche, j’ai tenté de venger tes parents et ta petite soeur, mais mes pouvoirs n’étaient assez puissants, se désola le comte.
- Mais les autres ? La famille ? Pourquoi personne ne t’a aidé ? On aurait pu lui tendre un piège, lui tomber dessus à plusieurs !
- La famille ? L’ensemble de leurs pouvoirs n’est rien à côté des miens seuls. Dezmarc les aurait balayés d’un revers de manche. Quant aux autres enchanteurs, ils avaient tous soit trop peur, soit aucune envie de se mêler de nos affaires !
- Mais comment a-t-il su pour ce bébé et pas pour moi ? Demandais-je
- Notre famille fait partie historiquement des plus puissantes. Il devait nous surveiller de prêt, quand il à su qu’Esperanza était enceinte, un rapide calcul montrait que sa fille aurait eu seize ans lors d’une lune rousse. Tes parents ont bien tenté de se cacher, mais c’était trop tard. Dezmarc les a surpris et assassinés.
Jakob s’était assis, sans pour autant me lâcher la main, comme assommé par la nouvelle.
- Que pouvons-nous faire ? Demandais-je
- Rien de plus que ce que nous faisons Melly ! Nous organiser, vous entraîner, apprendre et apprendre encore à maîtriser vos pouvoirs. Nous faire des Alliés, nous organiser autour de toi !
- De moi ?
- Oui, grâce à la prophétie, tu es le souffle d'espoir qui peut gagner le monde des enchanteurs afin qu’ils s’unissent et s’organisent à nouveau.
- Mais comment ? C’est du délire complet votre prophétie ! Je ne suis rien d’autre qu’une gamine de seize ans !
- Je viens de te le dire ! En t'entraînant, en apprenant !
- Mais enfin ! M’emportais-je, je viens de voir le combat que vous avez mené contre Dezmarc. Je n’ai pas le cinquième de votre puissance. Je n’ai aucune chance contre lui !
- Mais tu n’es pas seule ! Nous sommes plusieurs cette fois ! J’ai déjà rallié beaucoup de monde à notre cause, plus que je ne l'espérais. L’idée d’un gouvernement, d’une justice, de règles, d’une société fait son chemin !
Je fis la moue, pas très convaincue.
- Oui, mais je n’ai aucune envie d’être le roi Arthur moi ! La politique ne m'intéresse absolument pas !
- Melly, moi j’y crois ! Intervint Jakob, je t’avais déjà évoqué cette possibilité lors de notre première ballade sur la plage. Je t’avais dit que tu pouvais faire changer les choses !
Il scruta dans mon esprit peu coopératif. Son air se rembrunit.
- De toute façon, je ne laisserai pas le crime de Dezmarc impuni ! Avec ou sans toi !
Cette dernière phrase sonnait comme un avertissement, une lueur terrible brilla dans ses yeux. Un frisson comparable à celui que j’avais éprouvé lors de notre première rencontre me parcourut l’échine. Délicieux mélange de crainte et d’attirance. Jakob n’était pas uniquement un placide et gentil amoureux, c’était aussi un combattant déterminé. Dans ses veines coulait le sang de plusieurs générations de chevaliers et son côté bad boy m’attirait tout autant que son côté prince charmant. Il était fait du bois dont on sculpte les héros, mais la fougue de sa jeunesse le rendait un peu trop impulsif. Je le sentais près à tout pour rendre la justice sur ce crime, même aux pires folies !
Il ne me laissait guère le choix ! Si je ne voulais pas qu’il fonce tête baissée dans le traquenard où je risquais de le perdre, il ne me restait plus qu’à accepter le rôle que l’on voulait me donner : être le dénominateur commun.
- OK, c’est bon ! Dis-je forcée.
Jakob serra ma main plus fort et me sourit tendrement.
- Qu’est ce que je dois faire de plus ?
- Rien de plus que ce que je ne t’ai déjà dit tout à l’heure, sois seulement toi-même. Le reste, on s’en occupe.
- C’est qui « on » si je puis me permettre ?
Après tout, si l’on m’impliquait dans la politique des enchanteurs autant que j’en sois véritablement actrice ! Je ne suis pas une simple poupée qu’on manipule.
Le comte sourit,
- Ça, je te le laisserai découvrir cet après-midi ! Vous n’avez pas oublié la réunion ?
- Non, nous y serons, mais notre action souterraine, se cacher, cloisonner les informations, ne pas révéler qui est avec qui ? Je croyais que...
- Nous n’en aurons bientôt plus besoin. Un mouvement politique général prend de l'ampleur. Nous ne sommes plus au début du XXe siècle, tout va très vite ! Je comptais vous en faire part lors de la réunion de cet après-midi, vous voilà déjà informés, sourit-il.
Son sourire me fit du bien. La matinée avait été éprouvante.
Jakob se leva, il n’avait plus dit un mot depuis tout à l’heure. Il serra son oncle dans ses bras.
- Je te demande pardon, je n’aurais jamais dû douter de toi. Tu as été et tu restes un père de substitution merveilleux.
- Je n’ai pas réussi à le vaincre seul, mais je n’ai jamais abandonné l'idée, répondit celui-ci. Aujourd’hui, j’ai soif de justice !
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