Chapitre 30-1 Mauvaise surprise. Eluk lem

Chapitre 30

Mauvaise surprise.

Eluk lem



  Il était près de dix-huit heures. Quand nous sortîmes. La journée avait été rude et remplie comme je crois n’en avoir jamais eu.

  - Je n’en peux plus, dis-je à Jakob, la politique à beau avoir des aspects très intéressants, ça m’a retourné le cerveau !

  - Moi je trouve que tu t’en sors très bien ! Tu as étais merveilleuse. 

  - Si nous allions au port pour nous aérer la tête, je crois que ça nous ferait du bien de décompresser un peu, proposais-je.

  - Tu ne voudrais pas un endroit plus exotique ? Sable chaud, cocotier, d’un petit coup de baguette magique nous pourions nous téléporter aux Seychelles ! 



  - Bah, je ne sais pas, puis vu le décalage horaire...

 Jakob sentis ma réticence, et n’insista pas. 

  -  Allez, hop direction la baie ! Fit-il en prononçant la formule.

  J’aimai bien cet endroit, je le trouvais reposant. Bien sûr, nous aurions pu allez où nous voudrions, mais je ne voulais pas m’éloigner de Greenver. Quelque chose me retenait ici pour ce soir. Un étrange pressentiment, une impression diffuse qui me disait « Melly ! C’est pas le moment de foutre le camp, ouvre l’oeil, y a un truc qui cloche ! »

  - Tu te fais des idées Miss ! Que veux-tu qu’il se passe ? Tenta de me rassurer Jakob.

  Je consultais une énième fois mon portable pour vérifier si Lyne ne m’avait pas répondu lorsqu’un texto tomba.

  - Tiens ! Ça par exemple, lui répondis-je sur un ton de reproche comme si c’était sa faute.

  “ T’as des nouvelles de Lyne ? Elle ne me répond pas ! Et toi t’es passé où ? Megane. ”

  - Bon sang, je le sentais, je t’avais dit !

  Je composai le numéro de Lyne, appuyant rageusement sur l’écran de mon téléphone comme si de cette pression dépendait le fait qu’elle me réponde. Première sonnerie, je commençais à tourner en rond sur le quai, comme un tigre en cage. Deuxième sonnerie, mon coeur battait de plus en plus vite, troisième sonnerie, mon souffle s'emballait, Quatrième, boum... une fois de plus, répondeur : l'angoisse !

  J’avalai difficilement ma salive, les larmes prêtent à jaillir. Je me retournais vers celui qui était désormais mon pilier. 

  - On fait quoi ?

  - Ta mère ! Proposa Jakob

  Je hochais la tête, c’était une bonne idée, nous l’avions déjà vue agir, elle était forte. C’était son domaine ! J’agitai ma baguette magique et en clin d’oeil nous nous retrouvâmes à ses côtés dans la cuisine.

  - M’man ! J’ai besoin de toi !

  Ma mère se retourna en sursautant.

  -  Melly ! T’es dingue ! J’ai failli avoir une crise cardiaque !

  - Désolée. Mais le temps presse, Lyne a disparu, il faut que tu la retrouves !

  - Disparu ? Comment ça disparu ? Tu es sûre ?     

  Ma mère ne paniqua pas. La professionnelle des disparitions avait pris les choses en mains.

  - Assieds-toi, calme-toi et raconte-moi tout ça.

 Je posai mes fesses sur une chaise. Pris une profonde inspiration et lui exposai les faits, depuis le début, l’altercation que j’avais eue avec ma meilleure amie !

  Ça faisait du bien. Je pouvais enfin tout lui raconter. C’est là que je me rendis compte à quel point ces dernières semaines de double vie m’avaient pesées. Je n’avais désormais plus rien à lui cacher, le trop-plein d’émotions éclata et mes larmes en profitèrent pour venir voir si la lumière du jour était belle. Jakob m’enlaça de ses bras puissants et m’embrassa dans le cou.

  - Ne t’inquiète pas ma petite fleur, on va la retrouver.

  Ma mère hocha la tête. S'assit près de moi, posa ses mains sur ses tempes et pencha son regard sur la table de la cuisine comme pour la sonder.

  Évidemment, les réponses ne se trouvaient pas dans le morceau de bois. Ma mère utilisait son don pour se connecter à l’esprit de Lyne et la retrouver comme elle l’avait fait avec le jeune garçon l’autre jour. Une minute à peine plus tard, elle releva la tête vers nous.

  - Ça y est, je l’ai localisée !

  Je ne laissai pas le temps à ma mère d’en dire plus. J’avais suivi ses pérégrinations dans sa tête et je disposais moi aussi de suffisamment d’informations pour pouvoir me téléporter jusqu'à elle.

  En un tour de baguette magique, j’avais disparu.

  Je sentis tout d’abord le sol rocailleux, puis la lumière m’aveugla. Un soleil d’après-midi frappait fort sur moi.

  Bon sang, mais où étais-je ? Sûrement pas sur la côte est en tout cas ! Les jours avaient beau faire partie des plus longs de l’année, à dix-neuf heures le soleil ne risquait pas de se trouver si haut dans le ciel ! De toute façon pour l’instant je m’en moquais ! La seule chose qui importait, c’était la personne là, assise contre un palmier, les jambes repliées, la tête dans les bras. Prostrée dans l’attitude psychotique de quelqu’un qui vient de subir un choc.

  - Lyne !

  Elle releva la tête et m'aperçut. Un immense sourire de soulagement se dessina sur son visage. Son Rimmel avait coulé, elle avait les yeux rouges des larmes qu’elles avait dues verser abondamment. Elle paraissait exténuée.

  - Melly, je suis si désolée.

  - Ce n’est rien ma Lylie, ce n’est rien. Juste une petite dispute entre soeurs, lui dis-je en souriant.

  Elle me serra fort contre elle.

  - Il ne fallait pas venir, Melly, c’était un piège ajouta-t-elle dans un sanglot.

  Mon sang se glaça.



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